DE LA I. EDITION. xxxv
„ à témoin, que j’ai écrit les choses qui se sont passées, fans hai-,, ne, Sc fans faveur.
XVIII. Quoi-qjj’il y eût dans les Auteurs qu’on vient denommer un assez bon fonds pour ecrire l’Histoire du Concile de Cons-tance, ils n’auroient pourtant pas ete capables de m’y déterminer,8c il falloit necessaírement puiser dans des sources plus abondantes.C’eít ce que j’ai trouvé dans i’ample ôc magnifique Recueil des Ac-tes du Concile de Constance, dont le Public est redevable à la gé-nérofité 8c à la munificence de feù ie Sereniffime Duc Rodol-ph e Auguste de Brunfwic , de glorieuse mémoire, aussi-bienqu’aux foins , à l'industrie Lc au travail infatigable de MonsieurHerman Von der Hardis Professeur en Langues Orientales à Hclm-stadt, 8c Prévôt de Marienbourg. Ce Recueil est connu des Savans& il fait Pornement des Bibliothèques j mais il faut en rendre comp-te au Public, afin de rendre en même te m s justice au Prince qui luia fait un si beau présent.
XIX. C’e st un exemple à proposer à tous les Princes. Commeils doivent être les Protecteurs des Sciences, ils ne fauroient mieuxemployer leurs richesses Lc leur crédit, qu’à mettre l’Histoire desévenemens mémorables à couvert des injures du tems, en tirant dela poussière des Bibliothèques, 8c des ténèbres du Cabinet tant derares Manuscrits,dont la publication pourroit être d’un si grand usa-ge à tout le monde. C’e st une gloire tout-à-fait vaine que celled’avoir beaucoup de Manuscrits'cachez mystérieusement dans le fondd’une Bibliothèque, où ils ne font vûs que de quelques Curieux quine peuvent même raisonner què sur la relieure, le parchemin, le ca-ractère, l’âge & la qualité du Manuscrit, parce que, pour la plu-part du tems, ils ne savent pas ce qui est dedans. Mais il y a unevéritable grandeur à rendre publics ces thrésors, Lc il me semble quec’est une aussi grande injustice, Lc une aussi grande imprudence àceux qui en ont de les tenir cachez, qu’à un avare de cacher son ar-gent au lieu de le faire valoir. Ils auroient dans la reconnoissancedu Public un intérêt assuré de leur générosité, au lieu qu’ils ne fau-roient tirer qu’une vaine fumée, de ce ténébreux butin-,* pendantqu’il est renfermé. II arrive même souvent que ees thrésors, dontils font si jaloux , leur font enlevez par des guerres, des incen-dies, des inondations, perte qu’ils pourroient éviter en les répan-dant dans le monde, par le moyen de l’Impression. C’est ce qu’ona éprouvé en plusieurs endroits de l’Allemagne, où quantité debeaux Manuscrits ont péri malheureusement par de semblables ac-cidens.
Monsieur Vm der Hardt en donne plusieurs exemples qui de-vroient engager ceux qui ont la direction des Bibliothèques à préve-nir ces malheurs par la publication de ce qu’ils ont de plus rare 8c deplus digne de la postérité. II arriva en 162,;^ à Konigsberg en
Prusse