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Tome premier.
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DE CONSTANCE. Liv. I. n

Monjìrelet affirme comme un fait certain qu’il fut empoisonne par lafille d’un Médecin qu’il aimoit, & à qui son pere donna une droguequi les empoisonna tous deux. Les Historiens Italiens de ces temps-là que j’ai pû consulter, comme Pogge , Léonard Aretìn^ Antoine deFlorence , ne parlent point dc poison, mais soulement d une maladie.Scipion Ammiratì (a), Auteur plus moderne, dit, que c e toit unegroíse fièvre, accompagnée d’un transport au cerveau, pendant le-quel il ne respira autre chose que la mort de Paul des Urfins , & laRuine de Florence , ce que P ogge , 6c Antonin rapportent aussi à peuprès (b) de la môme maniéré. C’est encore ainsi qu’en par-le P an-dolpho Collemicìo dans son Histoire de Naples, 11 est vrai qu’il racon-te aussi l’Hiítoire de l’empoisonnement presque dans les termes deMonjìrelet , fur le rapport, dit-il, de quelques-uns , Sc fur un bruitcommun , mais qu’il regarde comme incertain, & même, selon plu-sieurs, comme fabuleux (z). J’ai trouvé parmi les Manuscrits de laBibliothèque dc St. Paul à Lcipsig une Lettre d’un Italien nomméSiméon de Permse , en ce temps-là Avocat du Consistoire du Pape, écri-te au Roi PVencejlas en datte du ir. d’Août 1414. Cette Lettreporte que Ladijl-as mourut à Naples ;d’un ulcère le 4. de ce mois-lâ, Sc qu’il finit fa vie en désespéré,invoquant sens cesse les Démons,( Dœmones continue exclamando). Je ne voudrois pourtant pas ajoutertrop de foi, fur ce prétendu désespoir, à Siméon de Peroufe , qui étoitCréature de Jean XXIII. fort irrité contre Ladijlas. Je ne sei si l’ondoit ajouter plus de foi à ce que rapporte Wincleck , dans son Histoi-re de Sigismond , que ce fut le Clergé de Hongrie, & fur tout I’Ar-chevêque de Strigonie qui machinèrent la more de Ladijlas. Quoiqu’il en soit, ainsi finit ce Prince après avoir été la terreur de tout lemonde. 11 n’est pas surprenant que des Historiens dévouez à la Courde Rome, Sc aux Papes, cn ayent soit des peintures affreuses, parcequ’il réduisit quelquefois Rome aux dernieres extremitez Sc qu’il ve-noit de s’en emparer tout nouvellement. Mais Collenucìo n’en a pasfait un portrait si horrible. II le représente à la vérité comme unPrince ambitieux, mais bien capable de soutenir son ambition. „ II,, étoit, dit-il t belliqueux, vaillant, laborieux, Sc vigilant, ma-„ gnanimedans fa conduite, Sc dans l’exécution de ses desseins, rc-„ doutable à tous, Sc fur tout aux Florentins, pour qui il avoit une„ haine si inveterée, qu’ils se crurent à couvert de toute forte de pe-„ rils, Lc d’allarmes par fa mort. L’art de la Guerre étoit se passion,„ Sc il se trouvoit en personne à tous les combats, Sc à toutes les ex-„ p éditions militaires à moins qu’il n’en fût empêché par des obsta-

„ clés

(r.) Illius Mitem mortem testantur quidam (ct* commun !s quoque fuma est) vtnenofuisse procurâtam, Perufin videlteet a midiere, cam qua Veneream oonfuttudmim httbereJoleret : qm Fhrentinorum mfimâîu pudendum venenteto msdfíamento inmçtns ìilumquoque infecerit. Pandolph. Collenuc. Hifi. tkeap. L. V, p. 387. 488.

B z

1414.

(a) Hifi. Flor.Lib.XVíI.p.66 8 .

(b) Hifi, Fier.Lib. VI. p.

i§6.