I4I4-
7 2 HISTOIRE.DU CONCILE
niere extrémité. Suivant ce pian, le Cardinal conseilloit d’engagcrles deux Contendans à la Cession volontaire pour le bien de la paix,fous esperance de récompenser ce sacrifice en donnant à chacun unporte si honorable & si éminent dans l’Eglise, qu’ils auroient lieu d’enêtre contens. C’étoit là l’intention générale & le commencementdu Mémoire de Pierre ddAilli. Mais comme on faifoit beaucoup dedifficultez fur cet accommodement, le reste est employé à y répondre.La prem'iere de ces difficultez ne peut être regardée que comme unechicane inventée par les partisans de Jean XXIII. C’étoit,dífoit-on,une prévarication que d’entrer dans aucun Traité fur le Pontificatavec des Hérétiques & des Schématiques, tels qu’étoient BenoitXIII. éc Grégoire XII , & même une efpéce de Simonie de leur of-frir des récompensés, pour ceder une Dignité, dont ils avoient étédéposez legitimement. Le Cardinal de Cambrai répond avec beau-coup de lél, que la Simonie n'efl permise ,ni avec les Hérétiques ni avecles Catholiques , mais que quii onqne regarde comme une Simonie le bontraitement , que Von fait aux Hérétiques If aux Schìsmatiques pour lesramener dans le sein de V Eglise , n'entend rien ni dans VEcriture Sainte ,ni dans les Peres. La seconde difficulté qu’on trouvoit à cet accom-modement , c’est que c’étoit déroger au Concile de Pise qui avoit dé-posé Pierre de Lune , & Ange de Ccrario. D'Ailli répond, que quelquelégitime qu’ait été le Concile de Pise, i! ne s’enfuit pas de là qu’il aitété infaillible, puisque plusieurs Conciles avoient erré non seulement dansle Fait , mais dans le Droits & ce qui est encore plus , dans la Foi (i).La troisième difficulté contre l’accommodement proposé par PierrecV Ailli) c’ert que si, fans aucun égard au Concile de Pise, on vouloirremettre l’aflFaire de l’Union dans son entier, il falloir suspendre tou-tes les délibérations du Concile, jufqu’à ce que Benoit XIII. ôc Gré-goire XII. y comparussent, ou par eux-mêmes,. ou par leurs Procu-reurs, puis qu’ils prétendoient être en droit d’asscmbler le Concile,austî-bien que Jean XXIII. On répond que le Concile de Constan-ce n’a pas été seulement convoqué, par l’autorité du Pape ou du Sié-gé de Rome, mais à l'instance de l’Empereur, qui en a-le Droiten qualité de Défenseur de l’Eglise, fur tout en temps de Schisme &d’ûn Schisme aussi long 8c aussi violent que celui-là. Qu’ainsi l'ab-sence des Concurrens ne devoir point empêcher qu’on ne choisit cel-le des voyes qu’on'jugeroit la plus propre à procurer l’Union de l’E-glife, parce qu’il éroit à craindre, qu’on ne perdît une occasion aussifavorable que celle d’un Concile si lblemnellement assemblé. Le Car-° dinal confirme ce qu’il a dit du droit de l’Empereur, par l’exempleEn 1080. de pEmpereur Henri IF , qui, fur la fin de l’onziéme Siécle, convo-
qua
fl) Secundum marnes quesdam TìoBorts, gtnrrale Concìlìum potefl errars non folumìn faHo, [ed tùam ìn jure, V quoetmagis est , in fide. Ex Mlî. Vindob. aj>. Von derHardt. T. II. p. roi.