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Tome premier.
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I4'5-

Diverse^ Con-grégations ausujet de l’U-nion de l’Egli-se.

7. Fevrier.

V. d. Bar d.T. II.Part. VILl.p.

109.

104 HISTOIRE DU CONCILE

LXXI. Depuis l’arrivée de l’Empereur on tenoit des Congré-gations fréquentes touchant l’Union de l’Eglifë. On a déja pû voirque la plus faine partie du Concile ne croyoit pas que ce grand ou-vrage pût réussir paf aucune autre voie, que par l’abdication volon-taire des trois ConCurrens. ' Grégoire venoit de faire efperer la sien-ne. L’Empereur fe difpofoit à aller lui -même en Espagne, pour yobliger Benoit XIII. Le plus-dissicìle étoit d’y engager Jean XXIII ,avec qui il falloit garder de grands ménagemens, pour ne lui pointfournir de prétextes de rompre le Concile. Comme les Congréga-tions publiques n’étoient pas entierement libres, parce qu’il y prési-doit ordinairement,ou qu’au moins il étoit en droit d’y présider, onfaifoit courir plusieurs Écrits, où l’on s’expliquoit avec plus de li-berté. Guillaume Fillaflre,Cardinal de St. Marc^ ( 1 ) Théologien Fran-çois, en composa un entre autres, qui plût autant à l’Empereur, auCardinal de Cambrai & aux Nations, qu’il choqua Jean XXIII.Mais ce Pape eut beau s’en plaindre , le généreux Cardinal, bienloin de désavouer cette piece, alla lui-même lui déclarer qu’il enétoit l’Auteur, St qu’il l’avoit composée'pour k. bien de la Paix.On examine dans cet Ecrit les diverses voies <jui peuvent être sui-vies pour éteindre le Schisme. La première étoit de réunir les troisObédiences fous un seul des Concurrens, ce qu’on appellott la voiede la Réduction. La seconde étoit la discussion juridique des droits Scdes prétentions des uns St des autres. La troisième étoit la force ou-verte, St la guerre déclarée aux désobéissants. II montre les incon-vénients, St même l’impossibilité de ces trois voyes. La quatrième,qui paroissoit au Cardinal la plus courte, la plus facile, & la plusefficace, étoit celle de la Cession ou Abdication volontaire, qui avoiré;é jugée la meilleure de toutes, dès avant le Concile de Pise, St quifut ratifiée dans ce Concile (2). II prouve solidement que plus JemXXIII. a de raisons de se croire le vrai Pasteur, plus il est engagé àaccepter cette voie pour donner la paix à TEglise, puis qu T il seroitmême obligé de sacrifier sa vie pour un si grand bien. Le Cardinalveut qu’on le conjure d’abord par toute sorte de motifs, mais fur toutpar la gloire immortelle que lui acquerra une démarche si généreuseSt si Chrétienne, St qu’on l’assûre d’un Etat honorable dans l’Eglisepour l’en récompenser. Mais il prétend que, si le Pape refuse opi-niâtrement de ceder, il y peut être forcé par le Concile, commeétant supérieur au Pape dans ce.qui regarde le bien général de l’Egli-se, & en plusieurs autres cas. Les Partisans de Jean XXIII. ne man-quèrent pas de réfuter cet Ecrit, St même leurs raisons paraissent as-sez plausibles. Ilsdisoient, entre autres choses, „ qu’on ne pou-

0 „ volt

(i) II avoit été fait Cardinal par Jean XXIII- en 1411. Onuphr.Pont. p.i'i i.vMifi.Cône. Pis. Part. . 11 . j>. 59. ' „

(2.) Ce qu’il y a de remarquable ici., c’eft que Guillaume Fillastre Tavoit con-damnée lui-même fi fortement dans une Assemblée-, qui le tint à Paris en 1406,

qu’il