Band 
Tome premier.
Seite
174
JPEG-Download
 

ï 74 H I STOÏRE DU CONCILE

„ ou quatre jours,par lui-même-êc par l’organedu Cardinal de Flo*„ rence, qui tînt là-dessus en íìi présence an Discours si fort Lc„ si éloquent, qu’il n’y a volt personne qui n’eût cru qu zjean XX.III.„ demeurerait au Concile jusqu’à la sin, ou que s’il s’en reuroit, il>, y reviendroic aussi-tôt,que malgré ces belles espérances, on fut bien„ surpris d’apprendre qu’il étoit íorti de Constance clandestinement„ la nuit du 10. au zi. de Mars, déguisé sous un habit indécent, ÔC„ qu’il s’en étoit allé à Schafhouse íous la protection du Duc d’Aus-„ triche. Que cette retraite avoit affligé le Concile jusqu’aux lar-„ mes, d'autant plus qu’on ne trouvoit point d’exempleque les plus„ méchans Papes eussent jamais déserté aucun Concile, puisque Six-,, te III. (i) & Symmachus étant acculez de crimes énormes,s’étoient„ fournis à l’autorité des Conciles qui les jugèrent, bien loin de,, s’en retirer. Que non content d’une évasion si scandaleuse

y.d.mr.T. „ êc si criminelle, Jean XXIII. avoit envoyé aux Officiers de la

iv. p. 67. ,, Cour de Rome des ordres menaçans de le venir joindre incesiàm-

„ ment, quoiqu’il qu’il fût bien qu’ils étoient nécelîàires au Concile,„ ce qui avoit été exécuté par plusieurs, & même par un assez bon„ nombre de Cardinaux, dont la plupart étoient néanmoins déja de,, retour. Que l'Empereur (z) en avoit usé dans cette occasion avec„ tant de clémence & d’équité, qu’il avoit laissé à tout le monde la,, liberté de demeurer ou de s’en aller. Qu’il n’y auroit eu rien de si„ facile que d’empêcher Jean XXIII. de quitter Constance,íbn dess„ sein étant assez public, mais que l’Empereur s’étoit expliqué hau-„ temcnt ( ; ) là-dessus en ces termes : (4) J'aime mieux que Jean„ XXIII. se retire de son propre mouvement , que de lui donner lieu de„ me faire le reproche honteux , d'avoir manqué à ma parole is ôté la„ liberté à qui que ce soit. Qu’ainsi il ne falloit regarder que comme,, un vain prétexte les frayeurs que le Pape avoit alléguées pour ex-„ cuíèr la fuite, puisqu’on ne lui avoit jamais fait la moindre ombre„ de violence, à moins que ce ne soit faire violence que d’exiger des,, gens certaines choses justes & raisonnables, quand elles ne font pas„ conformes à leurs inclinations, quoi qu’elles le soient à leurs enga-„ gemens. Qu’au fonds il n’y avoit rien qu’on ne pût exiger de Jean„ XXIII. pour un aussi grand bien que l’Union de l’Egliíe, & à„ quoi on n’eût l’autorité de le contraindre, s’il n’y vouloit pas con-,, sentir. Qu’il paroisso.it assez que cette prétendue crainte n’étoit

v. d. Hard. ,, qu’un subterfuge frivole, puisque le Cardinal de Chalant & l’Ar-

r./r./.94 ,, chevêque de Rheitns, qui lui avoient été envoyez à Schafhouse,

„ déclarèrent de fa part à tout le Concile en présence de l’Empereur,

„ que

(t) Le Pere Pagi soutient que les Actes qui portoient des récusations d’impureîéfont supposez. Brev. Pomif. Rom. T. I. p. 184.

(1) Ce fait n’est pas clair par les Actes.

(j) H&ç viriffima sunt, h te Deitm teftamur cttn&is fitUUbm,