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Tome premier.
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298
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M r J.

Balthasar Cojp*est mené àGotleben.

3. de Juin.Ntem. ap. V. deHardi, T. 11.p. 407. X. IV.p. %ç)6.

4- Juw.Spond. ai an.141 î-/>- 747 -Hìetn ub. fupr.

3. Juìa;

298 HISTOIRE DU CONCILE

Balthasar Cosa. Si St. Pierre avoir renié J. C. de sang froid 6t empleine liberté, on ne pourroit pas même comparer ce crime à l’em-poifonnement, au iacrilege, à l’inceste & à la Sodomie ,parce qu’on-pourroit encore supposer qu’il auroit été commis dans quelque mo-ment d’incredulité. Ou bien, fi Balthasar Cojsa avoir donné fa dé-mission lors qu’il étoit libre à Constance, ou dans les Places de sûretéde Frideric d’Austriche , peut-être auroit-on pû regarder cette action,,comme un acte de pénitence,qui, quoique tardive, & même encoreastèz forcée, n’auroit pas laissé d’être de quelque prix. Mais de fairepaster Balthasar Cojsa pour un Héros & pour un pénitent du pre-mier ordre, parce qu’étant en prison 6c gardé à vue , il obéit à uneSentence qu’il ne peut éviter,ayant même encore lieu ou d’efperer untraitement favorable, ou de craindre la juste punition de ses crimes,il me semble que c’est manquer également à la bonne foi ôc à la Vé-rités que cet Auteur fait pourtant profession de respecter , mêmedans cette occasion.

XCIII. L e Concile n’en fit pas le même jugement que l’Histo-rien dont je viens de parler. On trouvoit encore Balthasar Cojsa tropéloigné de Constance, pour pouvoir être observé d’aussi près qu’onl’auroit voulu. II fut transféré de Ratolfcell à une demi lieuë deConstance dans la Forteresse de Gotleben où JeanHus étoit aussi pri-sonnier. Ce n’étoit pas un spectacle peu curieux de voir un Papedans la même prison que Jean Hus , mais surtout un Pape qui avoirété si ardent à le poursuivre. Contre fa parole il l’avoit laissé mettreen prison, 6c il avoir refusé son élargissement aux instances 6c aux.ordres exprès de l’Empereur. II s’étoit même plaint à toute l’Euro-pe de l’indulgence 6c du support de Sigismond pour cet hérétique , 6cle voici lui-même à Gotleben avec Jean Hus , non pour quelquesopinions particulières, mais pour les crimes les plus énormes. Si laconjoncture dût être mortifiante pour Balthasar Cojsa au suprême de-gré, on peut aisément juger, que Jean Hus eut besoin de toute íàmodération pour résister au plaisir qu’il en devoir ressentir. On ôtaà Balthasar Cojsa tous fes domestiques, hormis son cuisinier, de peurqu’ils ne lui aidassent à fe sauver. II tâcha de lier quelques correspon-dances secrètes à Constance, où Niem témoigne qu’il écrivoit à sesamis particuliers pour leur demander des Lettres de consolation. Mais.fort inutilement -, personne n’osoit lui écrire de peur de se rendre sus-pect. D’ailleurs il s’y prenoit trop tard. . II avoir méprisé les sagesconseils de ses meilleurs amis, qui l’avoient exhorté à sc corriger, êcils ne vouloient ni aigrir íà douleur par des reproches hors de saison,ni le plaindre d’une diígrace qu’il s’étoit attiré par une si grande opi-niâtreté. Cependant comme on avoir quelque soupçon de ce com-merce secret, 6c qu’il y avoit lieu d’en craindre les suites, quoiqu’iífût fort mal entretenu, l'Empereur ordonna àl’EIecteur de le faireconduire à Heidelberg, ôc de l’y traiter avec toute forte d’honnête-