Band 
Tome premier.
Seite
388
JPEG-Download
 

T4IÍ-

Niem ap. V. d.n*rd. T. II.

f- 4*4-

Lettre â Gré-gtìre Xtl. aaConcile,

;88 HISTOIRE DU CONCILE

t esta avec Grégoire lui même. Car Théodoric de Niem nous apprend*que dès que ce Pape eu c avis, que son Procureur avoir cédé le Pon-tificat , en son nom , au Concile, il assembla ses Cardinaux,ses Officiers, & son Clergé, & abdiqua lui-même en plein Con-sistoire , quittant íâ Mitre Sc ses autres ornemens Pontificaux,Sc protestant qu’il ne penseroit jamais au Pontificat. 11 écrivitlui - jpême au Concile , pour approuver tout ce que ses Procu-reurs avoient fait en fa place. II fut fait Cardinal Evêque de Por-to Sc mourut deux ans après âgé de quatre-vint-dix ans à Reca-natì dans la Marche d’Anconc dont il étoit Légat, comme on le ver-ra dans son lieu.

XXXV. On trouve dans les Anecdotes de Martene la Lettre desoumission que Grégoire XII. écrivit au Concile. Elle mérite d’c-tre raportée ici. Elle avoir pour suscription Au Saint U Sacré Con-cile Universel de Constance , dévouement & soumis!on avec une humblerecommandation. ,, Depuis le péché de notre premier Père, la con-„ dition de l’homme est devenue fragile, Sc dans ce qu’il fait dc„ mieux, il y a toujours à ajouter quelque degré dc perfection, ou-,, tre qu’il rencontre souvent des obstacles à ses bonnes intentions.,, Comme il y a dans l’homme deux principes qui se combattent, il„ n’est presque jamais d’accord avec lui-même. Heureux celui à qui,, le Ciel a donné de regler son appétit par fa volonté, & fa volon-„ té par la droite raison. Comme il est fort difficile de parvenir au„ bonheur, il n’est pas aisé non plus de n’être pas combattu entre„ les diverses voyes, qui peuvent y conduire. Si cela est vrai de„ l’homme en général, il l’est à plus forte raison de la Société hu-„ maine. Comme elle est conduite par la direction des hom-„ mes,il est inévitable,qu’elle ne soit agitée par des soupçons, trom-5 , pée par des médisances, déchirée par des partis opposez, ct par„ des opinions disserentes, corrompue par les passions, ct quelquc-„ fois tellement désunie, qu’il n’est rien de plus difficile que d’y re-„ mettre l’Union. C’est pourquoi souvent de deux maux, il faut„ éviter le pire, heureux qui le peut faire sans pecher. C’est pour„ cela que désirant de participer, autant que nous le pouvons, à la„ Congrégation que le Roi (des Romains) a assemblée à Conrtan-„ ce, quoique nous nous crussions indubitablement revêtus de la„ Puissance que le Seigneur J. C. notre Chef a donnée à St. Pierre„ & à ses Successeurs, nous avons néanmoins envoyé notre très-cher„ Fils Charles de Malatesta , comme représentant notre personne,„ pour travailler à l’extirpation du Schisme, à la Paix generale de*, l’Eglise, & à sélection d’un vrai Pape, que je puisse légitimement„ ct affectueusement adorer. C’est en vertu de ce Pouvoir donné à„ notre Procureur, ct auquel vous avez ajouté foi, que nous avons„ obéi à l’abdication qu’il a faite de notre part, dès que nous en„ avons eu avis. O sacré Synode, auquel je me soumets, je désiré

avec