«Ï4tï.
(a ìjern Dt-. dieu.
47 o HISTOIRE D U CONCILE
entendre que les trois Nations susdites avoient conclu à l’abolitiondes Annates. Surquoi l’Evêque de Felîrì dit, que la Nation Italien-ne n’avoit jamais touché cette matière, ni par conséquent rien con-clu à ce sujet. L’Evêque de Werden dit qu’à la vérité, l’affaire avoitété agitée dans la Nation Germanique, mais qu’on n’avoit ni conti-nué, ni rien conclu. Le Docteur Anglois dit la même chose poursa Nation. Le Président remercia les Députez de cet avis, 8c lesassura qu’il ne s’étoit jamais rien dit de pareil, dans les Assemblées dela Nation Gallicane. Après quoi ils se retirerent. Quand ils furentsortis, l’Evêque de Lavaur , après un long discours fur les Annates,,conclut, à députer aux Cardinaux, pour traiter avec eux de leurentretien, 8c de celui du Pape, 8c ensuite de l’abolition des Annates.Tous les autres furent à peu près du même avis, ne différant entreeux, que dans l’ordre de traiter les matières, les uns voulant qu’oncommençât par l’abolition des Annates, les autres par la provisiondu Pape 8c des Cardinaux. L’Evêque de Senlìs( a), qui parloit pourl’Université de Paris, s’expliqua un peu plus clairement. 11 vouloirqu’on déclarât nettement que les Annates n’étoient point dues,8c qu’ilfalloit les ôter, mais que cependant on devoit pourvoir duement àl’Eglise Romaine, nommer des Députez pour cet effet, 8c renvoyerla question à la semaine suivante. On se rassembla néanmoins le Ven-dredi suivant, íàns rien conclure. 11 en fut à peu près de même del’Aíîèmblée du 2p. Tous alloient à la provision du Pape 8c des Car-dinaux, 8c à la suppression des, Annates, à la réservé de Maître Jeande Rocha Cordelier, qui fut d’avis de les conserver, 8c d’en retran-cher les abus. II ne se passa rien de plus dans l’Assemblée du 2p..
Ce fut la même chose de celle du dernier d'Octobre où l’Evêquede Foulon présida en la place du Patriarche d’Antioche, qui ne puts’y trouver. 11 y en eut pourtant dans cette Assemblée, qui repré-sentèrent au Président qu’on avoit assez entendu de voix, 8c qu’ilfalloit conclure. Surquoi quelques-uns s’écrierent, qu’il ctoit bonde prendre tous les suffrages, 8c de s’en tenir à la pluralité des voix,non-seulemcnt de ceux qui étoient présens, 8c qui avoient voté poureux-mêmes, mais aussi de ceux qui avoient procuration des absents.Alors le Président opina au nom du Roi Très-Chrétien, du Royau-me, 8c du Clergé de France, 8c en particulier de l’Archevêque deNarbonne (i), qu’il falloit supprimer incesiàmment les Annates,sans•examiner si elles étoient dues ou non, 8c ensuite pourvoir honnête-ment
(il François de Conz,ié mort en 1432.
(1) II fut depu's Evêque de Treguier en Basse Bretagne.
(3) C’étoit Chrétien de Hauterive.
(4) Bertrand Botinand élu en 1407. mort en 1416.
(5) Philippe detevis fut élû en tqit. Evêque d’Agde,puis Archevêque d’Auchs &■enfin d’Arles. II fut depuis Cardinal. Le Siégé d’Agde étoit apparemment vacant■alors.