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Tome premier.
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DE CONSTANCE. Liv. IV. ^

XXXIII. 1 l paroît en effet par la Lettre des Députez de l’Uni- 141?:vcrsité de Cologne, qu'on avoir conçu au Concile de grandes eípé- ^' ttrerances de cette entrevue, voici la Lettre ; „ JNous reçûmes hier Cologne à cet-

la nouvelle de l’arrivée de notre Roi (le Rei des Romains ) le 19. te Université.

3)

j, de Septembre à Perpignan, où étoient déja le Roi d’Arragon, Lc„ Benoît, quoi que plusieurs ayent déconseillé à ce dernier de s’y ren-„ dre, craignant que cette entrevue ne lui fût pas avantageuse. Dés„ que le Roi fut arrivé, il monta dans la Forteresse où étoit Benoît ,,, qui l’y reçût fort honorablement. Le Roi eut là une Confé-„ rence particulière de plus de deux heures avec Benoît, qui pleu-„ rant à chaudes larmes lui donnoit lieu de bien augurer de ses bon-,, nés intentions. Le lendemain le Roi (des Romains') alla rendre„ visite au Roi d’Arragon. U le trouva au lit attendant son accès„ de fievre, maislajoye que lui donna la présence du Roi, fut„ cause qu’il n’eut point d'accès ce jour-là (2). Au relie on parle,,, de toutes parts, des grands honneurs, & des magnifiques présens„ que Sigìsmond a reçus de Benoît , du Roi d’Arragon, & de la Vil-le. Après ces entrevues de civilité on en vint au fond de l’affaire

w

„ de rtJnion, 8t selon ce qu’on nous en écrit, on en doit attendre„ une issue favorable (a). t”Ìî-

Cependant PFindeck, Conseiller de 'Sigìsmond, & qui apparemment p .fut du voyage raconte fort difféiemment ce qui se passa à Peipignan.

II dit bien, que le Roi son Maître fut fort bien reçu du Roi d’Ar-ragon,. de l’J niant & de la Ville de Perpignan, & que même ils luivouèrent fidélité (fidem dedere -publicain) Mais il ajoute, que ce favo- .rable accueil faisait grand mal au cœur à Benoît, qui pourtant ne putfaire aucun mal à Sigismond, par ce que le Roi d'Arrcigon T en empêcha.

Le même Hillorien dit ensuite, que les Rois d’Espagne & de Cattil-le arrivèrent à Perpignan, pour consulter avec le Roi d’Arragon surla déposition de Benoît , mais que tout cela n’eut aucun succès. Jerapporterai ici ses propres paroles. „ Mais tout cela ,-dit-il, inuti-,, lement, parce que pendant qu’ils tenoient leurs Conférences, il ar-„ riva un grand incendie à Perpignan, ce qui obligea Sigìsmond avec„ les siens à prendre les armes, parce qu’il craignoit les meurtres, &-„ les brigandages, les Catalans & les Espagnols étant aux mains dans ■

„ la Ville. Mais lTnfant d’Arragon vint rassurer Sigismond, & se'

„ jettant à ses pieds, il lui protesta que lui & son Pere étoient prêts '

„ à exposer leur vie pour la conservation de la sienne ”. fFindeck"raconte à cette occasion une particularité fort importante. C’eíl quependant que Sigìsmond étoit à Perpignan, il y vint un Conseiller du

Duc

Requêtes, diverses autres personnes de qualité, & enfin le Connétable d’Armagnac,qui y furent impitoyablement égorgez. Gali. Christ. T. III. p. 1011. tìist. deFrance dpif. Daniel. T. III. p. 893.

(2) Les Médecins avoient déconseillé au Roi d'Arragon d’alfer à Perpignan, àpause qu’tl étoit trop dangereusement malade pour entreprendre ce Voyage,-