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Tome premier.
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Nie m ub.sup.M39-

J:tv. Hi/Ì. deCharl. VI. p.w.419.Monfìrelet Vol,I. Chap. 155.£.119. co. z.

Mônflrel, u h.svp. Chap, 165.

no HISTOIRE DU CONCILE

moins éclairez, de plus grands malheurs que ceux qu'on avoit déja éprou-vez , & la fuite fit voir que ce n'étoit pas des craintes mal fondées. Si-gismond fut reçu par tout avec de grands honneurs, Sc beaucoup dcmagnificence. On prétend même que lc Roi de France lui fit fairedes remises d’argent fort considérables à Lyon. Jean Juvénal desUrfins qui étoit présent aux choses, raconte plusieurs particularitéscurieuses fur le séjour que l'Empereur fit à Paris. Mais il y en a furtout une qui mérité d’être rapportée. Sigismond étant à Paris eut lacuriosité de voir le Parlement assemblé Sc d’y entendre plaider unecause. On le fit aíleoir au-dessus du premier Président dans la placequ’occupe le Roi, lorsqu’il se trouve au Parlement. Plusieurs , ditJean JuvenaL des Urfins, n'en étoient pas bien contens ,& difoient^qu'ileût bien siujfi, qu'il fe fût assis du côté des Prélats & au-deffus d’eux.Mais Enguerrand de Monstrelet , aussi Auteur contemporain, en jugeun peu autrement, car il dit, que les Présidons & autres Conseillers ,.le feirent seoir au siégé Royal , comme faire le dévoient. Quoiqu’il ensoit, il se trouva qu’on plaidoit alors la cause de deux Prétendans à laSenechaussée de Beaucaire, ou de Carcassonne. L’Empereur ayantouï qu’on alieguoit contre un des Concurrens qu’il n’étoit pas Che-valier, il se fit donner une épée, Sc ayant fait mettre cet homme àgenoux, il le créa Chevalier, disent en plein Parlement, la raisonque vous alléguez ne subsiste plus , car il est Chevalier. Et de cet exploitsdit Juvénal, gens de bien furent esbahis , comme on lui avoit souffert ,veu que autrefois les Empereurs ont voulu maintenir droit de Souveraine-té du Royaume de France contre raison. Car le Roi efi Empereur en sonRoyaume , ifi m le tient que de Dieu & de Vcf pée feulement , & nond'autre. Monstrelet , qui rapporte le même fait avec la même ré-

flexion à peu près, ajoute, que toutesfoìs la chose fepaffa foubs dissi-mulation , &'rien fut aucunement monstré aucun semblant au-dessus ditEmpereur (1).Cependant le même Auteur prétend que quand ce Prin-ce repassa à Lyon, en revenant d’Angleterre, Sc de France, ayantvoulu y faire Duc, Amed.ée Comte de Savoye, les Officiers du Rois’y opposèrent, & qu’il fallut qu’il allât faire la cérémonie à Chambe-ri. Pour ce qui est du principal sujet de son voyage, qui étoit de ré-concilier la France & l’Angleterre, il paroît assez par l’Histoire qu’iln’y réussit pas. II fut un peu plus heureux dans le dessein qu’il avoitaussi d’accommodcr les Polonois & l’Ordre Teutoniquc} puisqu’é-tant à Paris, il negotia, de concert avec Charles FI Ì une Trêve dedeux ans entre ces deux Puissances du Nord. Je remarquerai ici en ,passant, que Sigismond fut toujours fort favorable aux ChevaliersTeutoniques. Dès l’an 1414. il avoit confirmé à cet Ordre tous

leurs

(ï) Monstrelet se trompe, car Windeck qui accompagnoit l’Empereur dans ce voya-,ze, dit que ce fut lorsque Sigismond passa à Lyon à son retour d’Espagneque cer-te affaire se passa. Wmdek.Chap, 50.