DE CONSTANCE. Liv. IV. ;zy
íîastiques, c’est de négliger l’étude de l’Ecriture sainte,pour nc s’apli- 1416.quer qu’au Droit Canon, 8c aux Decretales, parce qu’ils y apren--nent l’art de gagner de l’argent. Ce n’est pas qu’il veuille qu’onnéglige absolument le Droit positif, 8c les Constitutions des Papes,mais il soutient que la principale occupation des Prélats 8c des Pas-teurs c’est d’étudier la Parole de Dieu, afin de la pouvoir prêcher,puisque que c’est l’original fur lequel on doit examiner toutes lesLoix positives, parce qu’elles peuvent être défectueuses, & que l’onest en droit de les changer, selon le tems, 8c les lieux. II en alléguéun exemple bien considérable dans la convocation du Concile, 8cdans la déposition de l’un des Concurrer.s au Pontificat. II auroitété , dit-il, impossible d'exécuter ni V un ni l'autre ,s'il avoit fallu suivrele nouveau Droit Canon qui donne aux seuls Papes le droit d'assemblerdes Conciles , & qui établit pour Principe qu'on ne fauroit juger un Pape ,fi ce n'est pour cause d'Hérésie. Comme ce Sermon fut prononcé enplein Concile, 8c par ordre, aussi-bien que les autres, il est bon d’yremarquer certains endroits assez hardis. ,, Aujourd’hui, dit le Pré-„ dicateur, on éleve les Loix positives (c’est-à-dire, le Droit Ca-„ non, les Decretales 8c les Constitutions des Papes) audessus de la,, Loi de Dieu Sc des Commandemens de J. C., on le fait même dans„ ce Concile, où nos Prélats fe mettent beaucoup plus en peine de„ l’autorité des Clémentines, que de celle du Décalogue. Ils pren-,, nent beaucoup mieux garde, si le stile de la Chancellerie n’a pas„ été bien observé, que si l’on a avancé quelques Propositions con-„ tre la Foi 8c contre la Morale de l’Evangile. Car dans une Scnten-,, ce où il s’agit de condamner les plus grandes erreurs, dans l’une 8c„ dans l’autre, s’il manque quelque formalité, elle est déclarée nul-,,- le quand même cent mille âmes en devroient être scandalisées ”.
II veut parler fans doute de la Sentence de l’Evêque de Paris que lesCommissures de Jean XXIII. avoient condamnée fous prétexte dequelques nullitez. Dans la fuite, il exhorte fortement les Pérès àne point épargner les Propositions de Jean Petit.
LXV Le 18. de Fevrier les Commissaires s’assemblerent encore Affaire de Jea»pour délibérer fur Passaire des neuf Propositions. D’un côté, les Avo- Petit.cats du Duc de Bourgogne présentèrent un Mémoire par lequel ils l8 - Fevr *demandoient, que Gerson sût obligé de se rétracté r de la Dénoncia-tion qu’il avoit faite des neuf Propositions, parce qu’ils préttndoicntque cette Dénonciation étoit calomnieuse, 8c que ces neuf Proposi-tions avoient étg forgées par Gerson lui-même,au déshonneur du Duc Gers.T.v.psn.de Bourgogne. Ils prioient les Commissaires de mettre incessammentTassaire en. tel état que l’on pût juger si elle appartenoit à la Foi, 8csi elle étoic du ressort du Çonçile, ou non. D’autre côté, Simon de’ïheram , Avocat du Sié|*e Apostolique, 8c Député dans cette Causepar les Commissaires, demanda de la part du Procureur du Roi deFrance en Cour de Rome, qu’on lui mît entre les mains copie dc la
Pro-