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Tome premier.
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t> E CONSTANCE. Liv. IV. y 7 $

pas mieux profiter de mon loisir qu’en racontant une Histoire aus-si semblable à celles de l'Antiquité. Mutins Scevola ne vit pas brû-ler ion bras avec plus de constance, que celui-ci tout son corps,& Socrate ne prit pas le poison avec plus d’allegresse. Mais cela suf-fit. Pardonnez-moi ma longueur. Un tel sujet demanderait enco-„ re une plus ample narration (a).

LXXXVIÍ. Le célèbre Auteur de cette Lettre mérité bien ufte'petite digression. Sa feule qualité de Secretaire de Jean XXIII. au-rait pû l’engager à venir au Concile. Mais outre cela quelques-uns'des plus considérables d’entre les Cardinaux , (honestijstmi EcclesueRoman# Principes ) lui donnèrent commission de rechercher ce qui setrouverait de Manuscrits curieux aux environs de Constance. II réus-sit fort bien dans cette recherche, puis qu’il trouva c Iertuliien ì 6 )uin~tilien^ Ascmius P<edianus-, Lucrèce , & plusieurs autres Ouvrages, soitentiers, soit imparfaits, dont on peut voir la liste dans la Vie de Poggepar Mr. Recanati Noble Vénitien. Pendant son séjour à Constance,il apprit la Langue Hébraïque d’un Rabbin, qui avoit embrasé leChristianisme. Je me délaffois , dit-il dans une Lettre qu’il écrivoità Nicolo, de cette pénible étude en turlupinant mon Maître qui efl un'homme fort grossier, & fort ridicule , & en faisant quelques railleries furle Rabbinage: Après le Concile de Constance Pogge passa en Angle-terre, à ce qu’on croit, -avec l’Evêque de Winchester , que le Pa-pe /A fit Cardinal, comme on le verra dans la fuite. Après-

avoir passé la plus grande partie de fa vie à la Cour de Rome,sous plusieurs Papes (4) , il fut appellé à Florence, pour êtraChancelier, & Secretaire de cette République , - donc il écrivitl’Histoire (f) en Latin. Pogge mourut en 1449 (6).

LXXXVIII. Quelqjjes précautions qu’on eût pris pour lasûreté des Voyageurs, & pour empêcher les violences, & les bri-gandages pendant le Concile, il se trouvoit toujours des Scélératsqui se prévaloient de ce grand concours de gens qui venoient à 'Constance, ou qui s’en retournoient chez eux. II y avoit au voi-sinage de cette Ville un certain Baron, nommé George d’End ì queISliem appelle petit Baron , mais grand Tyran: II avoit, fur la rou-te qu’il faloit prendre pour s’en retourner en Italie, deux Châ-teaux extrêmement forts , où il tenoit des Bandits à ses gages,pour épier les occasions de piller & d’assassiner les passants. ILavoient fait assez long-tems ce métier impunément, parcc qu’owavoit ignoré jufqu’alors le lieu de leur retraite. Mais environ les ifêtes de Pâque on en saisit un qui passoit de grand matin sur mr

bâteau

141$

(a) Pogg.oper,?-Zoi.

Caractère dePogge Florentin’’

Brigands puv.isj

V.d.Hard.T.Ii:t>.44T,.&T\IV,t>. 669. Reicb. ^

Mî-

(4) Sons Innocent Vil. Grégoire XÍI. Alexandre V. Jean XXI11. Martin V. Eugène'IV. Nicolas V.

(5I 11 en avoit paru une Traduction Italienne, mais on a l’obligation à Mr. Reca*nati de l'avoir donnée en original. Elle est imprimée à Venise en 1715.

(6) Voyez là- Vie de Pogge par Recanati, le ToggUna , & les Oeuvres de r ogge. " ■

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