10 HISTOIRE DU CONCILE
1417* avoir été condamnée mal-à-propos. On s’étoit extrêmement recrié,fur ce que Jean Petit avoir avancé dans son Apologie du Duc deBourgogne, que quand quelqu’un a juré, il n’est pas obligé de tenirson Serment,s’il se trouve préjudiciable à lui ou à sa femme, ou à sesenfans. Les Avocats du Duc de Bourgogne soutiennent ici que quandon jure on n'est obligé qu'à ce qu'on avoit actuellement en vue en jurants,que celui qui jure amitié à quelqu'un est excusable de ne pas tenir son ser-ments s'il n'a eu en vûe que d'empêcher que celui qu'il voulait tuer ne se dé-fiât de lui. Cette Doctrine est nhoTni nahlcJk monstrueuse, aussi bienque celle-ci, que V homicide efi excusable fj? juste quand il se fait àbonne intention , par zele pour la Loi de Dieu , fi? pour son Prince. IIy a ici quantité de Propositions sur le même sujet, & de la mêmeforce, que l’on peut regarder comme des Apologies anticipées desCléments 8c des Ravaillacs. Je ne les rapporte pas, parce qu’il estaisé de s’imaginer que des gens, qui ont eu l’audace d’avancer desprincipes si détestables, ne s’arrêtent pas en si beau chemin. Gerson,dénonce encore ici d’autres Propositions, mais comme elles regardentl’autorité du Pape 8 c du Concile, il vaut mieux les renvoyer à quel-que autre occasion 6c retourner au Concile avec PEmpereur.
Retour de VI. Il y avoit plus d’un an 8c demi qu’il étoit absent,étant parti
Conifance 1 * 20 • Juin de 141 z, Lc n’étant revenu que le 27. de Janvier 1417.
r/l }ìnv.‘ De France il étoit allé en Angleterre, où il avoit inutilement passétrois mois à negotier la paix entre les deux Rois. Les Historiensconviennent unanimement du mauvais succès de cette Négotiation,.mais ils ne font pas si bien d’accord fur les raisons de ce mauvais suc-cès, les uns l’attribuant aux Angîois, les autres aux François. Juve-(<î) Juv.pag. nal des Urfins (a) 6 c Enguerrand de Monstrelet ( b ) , Auteurs de ce42.4. temps-là, en rejettent la faute fur ks derniers, mais particulièrement
T^ì plTx<i. ^ Ur I e Comte d’Armagnac Connétable de France, 6c tout puissant‘ F ' ' alors dans ce Royaume. Je croi qu’on peut à coup sûr l’itnputer aux
(c) wìndek. uns 8c aux autres (i). Cependant Windek (f), Conseiller de l’Empe-c<3/>. 84. reur, 6c présent à tout, en rejette la faute sur la France. II dit mê-me, ce qui pourtant paroît peu vraisemblable, qu’avant la Batailled 'Jzincourt le Roi d’Angleterre étoit si mal dans ses affaires qu’il en-voya en France un Blanc-signé, vacuas) pour concîurre la Paixà quelque condition que ce fût, mais que le Roi de France chantanttriomphe avant la victoire, il voulût à toute force livrer Bataille.Apologie de VII. Le P. Maimbourg dans son Histoire du grand Schisme d'Occi-si£ísmo»d. à/, 6c après lui le P. Daniel dans fa nouvelle Histoire de France , ontfort soupçonné la bonne foi de Sigismond dans cette Négotiation. IIest vrai qu’on a trouvé dans le IX. Tome des Actes Publics d’Angle-terre
(i) C'est ainsi qu’en a jugé Mr. de Ltrrei, Histoire d’Angkterre, Régne de Henri v.fag. 815.
(r) Ccst Je an Roi de Bohême, qui, tout aveugle qu'il étoit, voulut sc signaler en
âveur