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Tome second.
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;r HISTOIRE DU CONCILE

ger celle de l’Ordre Monastique, qui étoit pour lors dans un très-grand dérèglement.

Les Moines noirs, c’est ainsi que le Concile appelle les Bénédictins ,du nom qui leur est donné clans le Droit Canon, & même dans lesCapitulâmes de Charlemagne , font les restes de l’ancien Ordre Mo-nastique d’Occident. Ils tirent leur nom de Bénédictins de S. Be-noit Auteur de la Réglé qu’ils se vantent de suivre, quoi qu’on puiíîèdire à la rigueur qu’elle n’est suivie en aucun lieu, non pas mêmedans les Congrégations les plus reformées.„

S. Benoit vívoit dans le sixième siécle, & selon l’opinion la mieuxv. Pagi ai établie, il mourut l’an de nôtre Seigneur DXLIV. Les Moines de'Ann.DXLiv . f on ordre prétendent que fa Régie fut d’abord reçue en France &».xu. en Italie, ou, pour mieux dire., dans toutes les Provinces du RitLatin. Cependant, à dire le vrai, il s’en faut beaucoup que cetteopinion ne soit aussi bien fondée qu’ils sc l’imaginent. Le Mona-chífme étoit établi en Occident longtemps avant S. Benoît, & fansparler d’une foule de témoins Sc d’autoritez qu'on pourroit alléguer,Claudìus Rutilìus Numatianus , Auteur Payen qui vivoit au commence-ment du cinquième siecle, sc plaint de la multitude de Moines quiavoient rempli quelques Iles de la Mer d’Italie, entre autres la fa-meuse Capraria{\). Personne n’ignore que Plie de Lerins,aujourd’huinie de S. Honorât près de Marseille, étoit, dès le temps de S. Au-gustin, habitée par un très-grand nombre de Moines, parmi lesquelsil y en a eu de fort favans.

Chaque Abbé étoit alors la Régie vivante de son troupeau, & siquelqu’un d’eux entreprenoit d’écrire une Régie pour la conduite deses Moines, il ne prétendoit pas en cela prescrire des Loix aux au-tres Monastères. C’est ce que S. Benoît a reconnu lui-même dansJe dernier Chapitre de fa Régie (z), où il renvoie aux InstitutionsMonastiques de Cafiïen, Sc aux Régies qu’on attribue à S. Basile.

Quoi que ces fortes de Régies Monastiques se fussent extrêmementmultipliées,'comme celle de S. Benoît entroit dans de plus grandsdétails elle s’établit peu à peu, Sc essaça insensiblement toutes lesautres. On ne sauroit précisément marquer le temps où cela arriva,mais on a des preuves certaines que dès le commencement du neu-vième

(i) Procestu Pelagijam fe Capraria totìit,

Squallet lucïfugis Infula plena Virìs.

lpfi fe Monachts Graio cognomme dicunt, 8íc.

sein. Rutil. Lib. I. v. 439. c- feqq.

(i) R eg. BenediSi. C. 73. Cdterhm ad perfeftionem converfationis qui destinant , funt

■Doâírina Sanéìorum Patrum . neenon z? Collattones Patrum i? Instìtuta cr vit#

torum , fed er régula SanSìi Patris nostrt Balìlii esrc.

(3) Codex Regularum. 'Luc Holstenius a deterré cet Ouvrage d’un ancien Ms. IIa.été imprimé à Bans in 4. en 1663. Voyez Pagì ad dnn. 819. n. VI.