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Tome second.
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DE CONSTANCE, Liv. V.

Au reste l’Empereur Sigismond ratifia les Décréts 6c les Régle-mens de cette Assemblée par un Acte expédié à Constance au moisde Fevrier de 1418. La Réformation entreprise sous les Ordres duConcile par le Chapitre Provincial de Petershausen n’auroit produitaucun effet, fi un bon Moine de F Abbaïe de Rheins-hausen, dans leDiocèse de Mayence, ne s’étoit senti touché d’un zele aísez vif pourentreprendre seul ce que les Prélats de FOrdre ne paroiffoient faireque fort mollement & par maniéré d’acquit. Ce Moine, qui s’appel-loit Jean , s’adressa à Otton Duc de Brunfwic & à la Duchesse son E-pouse, qui étoit Sœur du Landgrave de Thuringe & Princesse d’unetrès-grande pieté, si nous en croions le rapport de F Abbé Tritheme .Dans le temps que ce Moine sollicitoit le Duc 6c la Duchesse à coo-pérer avec lui au rétablissement de FOrdre Monastique en Allema-gne , F Abbaïe de Clusen au Diocèse d’Hildesheim se trouva vacante

E ar la mort du Prélat qui en étoit en possession. A la priere de la>ucheíse, le Moine zélé pour la Réformation en fut pourvu. II tra-vailla d’abord à y établir ses réglemens, conformément à l’idée duChapitre 6c du Concile : mais les Religieux de cette Abbaïe accoutu-mez à une vie licentieuse Fabandonnerent tous, 6c le laiíserent seuldans son Abbaïe vivre selon les Loix qu’il y vouloir établir. Cettedifficulté n’épouvanta point le Réformateur : il trouva moyen avec lapermission du Duc de Brunswic de passer à la tête de quelques Moi-nes fournis dans une Abbaïe ruinée, appellée S. Thomas de Bursfelddans le Diocèse de Mayence, d’où la Réformation s’étendit peu àpeu par toute F Allemagne, où elle est encore suivie dans un grandnombre de Monastères.

Ce petit détail a été en quelque sorte nécessaire pour faire voirquels ont été les fruits des Décréts du Concile de Constance par rap-port à FOrdre Monastique,6c il m’a paru d’autant plus à propos d’in-diquer les commencemens de l’observance qui s’est établie dans laCongrégation de Bursfeld, qu’on peut dire que deux Siécles depuis,cette même Congrégation a servi de Modele à deux autres qui se sontrendues célèbres dans le monde, je veux dire à la Congrégation deS. Vannes en Lorraine, 6c à celle de S. Maur dans le Royaume deFrance.

11 faut rapporter à ce temps un Sermon qui fut prononcé fur cesparoles, voici maintenant le jour de salut , dans la vûe de hâter l’Ou-vrage de la Réformation. Si l’on en croit le Prédicateur qui n’est pasnommé, le Concile n’étoit presque composé que de libertins ou d’hy-pocrites. „ On remplit, dit-il , le papier de projets de Réformation,„ mais on n’en écoute aucun, 6c l’on n’a vû encore personne se cor-„ riger dans ce Concile. On y trouve assez de Pharisiens qui impo-,, sent aux hommes de pesants fardeaux qu’ils ne voudroient pas eux-„ mêmes toucher du bout du doigt. II se trouve quelquefois des gens„ du commun peuple qui font des restitutions édifiantes ou qui don-

E z „ nent

1417;

V. à. Hardt,T. I■ p. XXIX.IIIî.

28. Fevr.