68 HISTOIRE DU CONCILE
1417. l’ayant rappellé dans le sein de ses Etats, il maria la Princesse Cecìle,l’une de ses Filles, à Guillaume Duc de Lumbourg , regardant com-me un coup d’Etat, d’engager dans ses intérêts un Voiíìn aussi puis-sant que l’étoit ce Prince. Frideric ayant été obligé d’aller en Fran-conie, pour y mettre ordre à ses Etats héréditaires, laissa le Gouver-nement de la Marche à Jean son Fils, qui signala fa prudence St soncourage, en recouvrant Prentzlau Capitale de YUkermark, dont lesDucs de Poméranie s’étoient emparez, St par les victoires qu’il rem-porta fur les Ducs de Meldembourg, Sc fur les Vandales qui s’étoientliguez ensemble contre k Brandebourg. Cependant la Guerre desHussites devenant plus opiniâtrée que jamais, l’Empereur mit Fride-ric à la tête de 40000. hommes, qu’il envoya en Boheme pour les ré-duire. Mais la valeur de Frideric étant mal secondée par les Confé-dérez, son Pais fut la victime du ressentiment des Hussites. Us s’yjetterent avec une furieuse impétuosité, & y firent des ravages inex-primables. C’est ce qui obligea Frideric à retourner dans ses Etats,où après avoir dissipé cet orage, il s’occupa à régler les autres affairesde l’Electoral, & à sc mettre à couvert des insultes de ses Voisins ja-loux de son autorité, Sc de ses heureux succès. Comme il se semoirdéja avancé en âge, Sc affoibli par les travaux qu’il avoir soutenusavec une constance héroïque, pendant un si grand nombre d’années,il voulut pourvoir l’Etat d’un Successeur capable de le bien gouver-ner, & de soutenir la gloire qu’il s’étoit acquise par fa prudence Scpar son courage. C’est pour cela, qu’ayant plus d’égard au bien pu-blic, qu’aux droits de la naissance, il nomma pour son SuccesseurFrideric (1) son second Fils, le trouvant plus actif Sc plus propre auxtravaux de la Guerre que Jean son aîné. Ce dernier y acquiesça,nonseulement sans aucun murmure, mais même avec un respect, Sc unemodération que l’Histoire n’a pas moins louée, que la prudence duPere. Depuis cela l’Histoire ne dit rien de mémorable de Frideric.11 finit fa glorieuse carrière au mois de Septembre de 1440. Les Ac-tions de ce Prince font son Eloge. Belliqueux Sc pacifique en mêmetemps, on l’a vû toujours également porté à prendre les armes, Scà les quitter. Comme il ne les prenoit que par une grande nécessité,il aimoit mieux relâcher de ses droits, que d’aquerir de la gloire auxdépens de ses Sujets. 11 ne fallut pas moins de prudence Sc d’addresse,que d’intrepidité Sc de courage pour surmonter d’aussi grandes diffi-cultez que celles qu’il rencontra d’abord, Sc qu’il eut à soutenir pen-dant tout le cours de son Régne, tant au dedans qu’au dehors de sesEtats. Mais fur tout les Historiens lui attribuent unanimement deuxqualitez rares, Sc néanmoins essentielles dans les Princes, c’est laprobité, & une exactitude inviolable à tenir fa parole. Revenons à
présent
(1) C’est ce même Tridtrk qui fut depuis Protecteur du Concile de Bâle.
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