88 HISTOIRE DU CONCILE
1417. quel en fut le succès, pur rapport aux Flagellans, mais il ne paraîtpoint que Vincent Perrier soit venu au Concile.
Traité de LIV. Quelques jours après, Gerjòn publia contre les Fîagel-Gerjon con- ] a ns u n i raité, aont on va donner l'abrégé, par ce qu’il appartient àî^‘ esFlage1 'l’Histoire du Concile. Gerj'on établit d’abord pour principe, queTè! Juil. l’Evangile est une Loi de charité, & qu’elle n’eit point onéreuse. CeGtrs.T.u.f. qu’il prouve par le Chap. XV. vi. 10, 1 í. du Livre des Aides des X-pôtres , Sc par un passage de St. Augustin , où ii est dit, que ì'Evan~
f e c°n îente de très-peu de Sacremensstpaucijstmis Sacramentis) c’eít-Edit'.Antv. ' à-dire, de peu de Mystères & de Cérémonies. II dit, que l’Evangilen’est pas moins oppose que l’ancienne Loi aux superstitions sangui-naires des Payens, Sc des Idolâtres qui sc faisoieyt des incisions -, futquoi il allégué Deut. XIV. 1. & r. Rois XVIII. z 8 . D’oit il con-clut, que pour être sauvé, il ne faut point d'autre effusion de íang,que celle du sang de Jesus-Christ. Sur ce que les Flagellans anéantis-foient tous les Sacremens, Sc préféraient la Flagellation au Sacrementde Pénitence, Sc même au Martyre, Gerson dit, que les Sacremensétant les vases de la grâce de Dieu, on doit rejetter toute doctrine quitend à les avilir, Sc il prétend même que les Ecclésiastiques qui feflagellent, se déshonorent Sc sc souillent, parce, dit-il, que la Loide Jésus- Christ ne veut pas qu’on leur impose aucune penitence pu-blique , par respect pour leur Caractère. II se plaint, qu’il y a beau-coup d'Ecclésiastiques parmi les Flagellans, Sc il dit, qu’on les re-connoît bien, quelque soin qu’ils prennent de sc cacher, en sc voilantle visage. II soutient, que cette méthode de sc fouetter nud en pu-blic est contraire à la modestie dans les Femmes, à 1 a gravité dans lesHommes, & qu’elle fait perdre aux Enfans le respect qu’ils doivent àPere St à Mere. II ne disconvient pas que la Loi de Jésus-Christ(1) ne permette les Flagellations, fondé fur le (2) Pf. XXXVII. r 8.selon la Vulgate, mais à ces conditions, 1. Que ce soit par ordre duSupérieur. 2. Qu’elle soit modérée, fans scandale, sans ostentation,Sc fans effusion de sang, suivant Guillaume de Paris (3). II pose enfait, que depuis que la Secte des Flagellans a paru, elle a toujours étécondamnée par l’Eglise, qu’elle l’a été en Lorraine, en Allemagne,Sc en France, malgré les dehors spécieux, & les apparences de dévo-tion de cette Secte, parce au’il ne faut souffrir parmi le Peuple aucu-ne pratique qui tende à renverser Tordre établi dans l’Eglise, à exciterdes séditions, Sc à rendre le monde superstitieux. Â quoi il ajoute,que la Flagellation scandalize les Juifs & les Mahométans,parce qu’ilsregardent la Religion Chrétienne, comme une Loi cruelle & san-guinaire.
(1) Notez que par U loi de Christ Gerson entend ici, 8t ci - dessus les Commande-mens de J’Eglise Romaine.
(i) §uoniam ego in flagella paratus fum , & dolor rnttis in çonfpeftu meo semer.
(3) Guillaume de Paris florissoit en 12,2,8. .~