DE CONSTANCE. Liv. V. 119am l’Eglise avoit été desolée par l’avarice, Pambition Sc la sensualitéde quelques Papes, & de leurs Assesseurs qui pour soutenir leur va-nité, ont changé le foin de gagner les âmes à Dieu, en celui d’amas-ser de l’argent par toute sorte d’injustice & de violences ; Que delà sont venues les Réservations, les Commendes, les collations deBénéfices contraires aux Canons de P Eglise, les Grâces expectati-ves, les Dates anticipées, les Annates extorquées pendant la vacan-ce des Bénéfices ; Que les Papes sc sont arrogé le jugement de tou-tes sortes de causes, soit Ecclésiastiques, soit Civiles ; Qu’ils prolon-gent les procès par des délais affectez,au grand préjudice du public,& des particuliers; Que par un horrible abus plus scandaleux en-core que la Simonie, ils ont taxé & apprécié les crimes comme desMarchandises, vendant le pardon des pechez à beaux deniers comp-tans, 6c accordant des Indulgences entierement inusitées ; Que parle mëme principe d’avarice ils recevoient aux Ordres sacrez des va-gabonds 6c des gens de mauvaises mœurs, ôc que depuis que lesCharges étoient ainsi devenues vénales, personne ne pensent plus às’en rendre digne, par le Savoir, Lc par la Vertu; Que les Acadé-mies, les Eglises, les Monastères tomboient en ruine, Lc tout P EtatEcclésiastique dans un si grand mépris parmi le Peuple que plusieursle regardoient plûtôt comme le Clergé de T Antéchrist , que commeVhéritage de Jesus-Chrifl. Ils ajoûtent à toutes ces considérations,,que quoique le Concile de Pise eût promis Lc juré de réformer PE-glise, bien loin qu’îl s’y fût fait aucune réforme, les choses avoienttellement empiré qu’il étoit impossible, en bonne conscience, detolerer plus long-temps des iniquitez si énormes, des crimes si abo-minables, Lc des désordres plus scandaleux que le Schisme mêmequ’on venoit de terminer; Qu’il n’y avoit point d’autre remede à cemal que de travailler à réformer P Eglise, avant que de lui donnerun Pape, asin que les électeurs, Lc celui qui seroit élu fussent liezpar les Loix de cette réformation ; (p) Que s’agissant de donner unetête à PEglìse, il falloit qu’elîe fut touchée par des mains bien net-tes, 8c que quelque saint que pût être le Prélat qu’on éliroit, il nemanqueroit pas de se souiller au milieu de tant d’ordures, si elles sub-sistoient encore; Qu’il ne pourroit marcher qu’à tâtons, n’ayant nirégie, ni lumière pour se conduire, au lieu que les Loix d’une bonneRéformation lui serviroient de bouclier & de rempart contre toutessortes de demandes injustes Lc importunes. La Nation Germaniqueconclut en sommant, au nom de Dieu, les Cardinaux de se joindre
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(5) -Aâ hient, fore salubrités ÇgT toleral'ihs, facro présidente Concilie, p r a
Itrto tempos vacare Ecclefìam , quàm quod ìllotis msmibus, hoc eft , membr s capitì ' ict-nioribus, com aftnetur ìpjum camt, ’Ut c-anium etìam tontreíletur, c;r fpurcitiima ■
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