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Tome second.
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z6t HISTOIRE DU CONCILEdonner l’aumône, mais il n’en pût venir à bout, tant la dévotion desPeuples étoit ardente à les soulager. Lors que Martin alla à Rome,Mainfroy l’y suivit avec sa troupe, composée principalement de fem-mes , dont la plus grande partie y mourut de misere. Les plus jeu-nes d’entre elles,à ce que prétend notre Auteur, se laiíìèrent entraînerà diverses illusions du Démon transformé en Ange de lumière. Elless’étoient mises dans la tête, que Mainfroy scroit Pape, mais lorsqu'Eugene IV. succéda à Martin V. elles abandonnèrent Mainfroy ,voyant qu’íl n’avoit point cté élu Pape, & que f Antéchrist ne venoitpoint. II y avoit alors en Italie un Prédicateur célèbre, nommé Ber-nardin de Sienne de l'Ordre des Freres Mineurs, qui attiroit les Peuplesen foule par ses Prédications, parcourant toute Htalie,où il étoit re-çu avec de grands applaudissemerfs. II entreprit de prêcher contreMainfroy , ôc Mainfroy à son tour prêchoit contre lui, mais aíîèzinutilement parce que la partie n’étoit pas égale. On raconte de cemême Bernardin , que voyant J. Christ effacé du cœur des hommes,il s’avisa de faire faire un beau Tableau, au milieu duquel étoit peintJ. C., 6c il obligeoit le Peuple à adorer J. C. dans ce Tableau. Cet-te conduite fut imitée par plusieurs Moines du même Ordre, qui ex-pofoient le Tableau en public dans les Processions. Mais quelques per-sonnes sages n’approuvant pas cette superstition, 6c craignant qu’onne rendît plus d’honneur au Tableau qu’à l'original, portèrent Taffaireà Martin F. Ce Pape ayant fait là-deífus une consultation de Prélats,& de Docteurs, défendit à Bernardin cette pratique comme fort dan-gereuse, & superstitieuse j ôc le Prédicateur s’y conforma. Un Au-teur Italien qui a écrit l’Histoire des Evêques de Bologne, raconteainsi l’origine de cette peinture. Bernardin ayant défendu de jouersoitauxDez, sojt aux Carres, l’ouvrier qui faifoit les peintures né-cessaires pour ces jeux,6c qui y gagnoit beaucoup d’argent,fe voyantréduit à la mendicité, par les Prédications de Bernardin contre lejeu, s’en plaignit à lui en termes fort tragiques. Bernardin ne fit au-tre chose pour le satisfaire que de peindre un Soleil en forme de cer-cle, 6c d’y écrire le nom de Jesus-Christ en caractères brillants, or-donnant à cet ouvrier de graver ce dessein, 6c de vendre ces Ta-bleaux, 6c l’Histoire dit, qu’il y gagna plus qu’à peindre des Cartes& des Tableaux à l’ufage du jeu (i).

On a vû comment Jeanne Reine de Naples avoit envoyé des Am-bassadeurs à Constance pour reconnoître Martin V. Dès qu’elle futson arrivée à Florence, elle lui envoya en Ambassade son grand Séné-chal , 6c en même temps son favori, pour le féliciter de son retouren Italie, 6c lui faire hommage du Royaume de Naples. Le Pape

de

(ï) Antoni ». Flouent. Hist. Part. 111. Tit. XXII. Cap. VII. §, V. Vol. CL1X. Sigon.às Epifoop. Bonon. ap. Spond. ann. 1419. Num. IV. V. C’eft de Bernardin qu’est venula distinction des Freres mineurs Ctnventmk, & de ceux de ïobservance. Les Con-ventuels