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France.
(a) DanielHist. de Fran~te T. III. p.
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166 HISTOIRE DU CONCILE
Siguença. Ce que je ne remarque qu’afin de faire voir que si le Roid’Arragon protégeoit Pierre de Lime , il ne laissoit pas de reconnoi-tre Martin ì touc disposé à l’abandonner, Sc à reprendre Benoit selonses intérêts.
La France étoit plus que jamais en proye aux factions qui la dé-chiraient depuis longtemps. II est vrai que les Cardinaux de MartinV. avoient négocié à Montereau-Faut-Yonne un Traité , par lequel leDuc de Bourgogne 8c le Dauphin dévoient avoir ensemble le Gou-vernement du Royaume, & que même la Reine & le Duc de Bour-gogne avoient ratifié ce Traité. Mais les Armagnacs n’y ayant pasvoulu consentir, la Guerre civile se ralluma tout de nouveau. LesBourguignons rentrerent dans Paris 6c y exercèrent des cruautez hor-ribles. Entr’autres désordres ils traînèrent en prison les Archevêquesde Rheims 8c de Tours, les Evêques de Laon,de Lisieux,d’Autun,de Senlis & de Coutance. Ces Prélats quelques jours après furentmaílàcrez avec quantité de Seigneurs, & de personnes de distinction,entre lesquels étoit le Comte d’Armagnac Chef de fa faction. L’An-gleterre ne manquoit pas de fe prévaloir de toutes ces confusions.A la vérité le Cardinal des Urfins , selon l'ordre qu'il en avoit du Pa-pe , alla trouver Henri V. pour le porter à la Paix fous des conditionsraisonnables. Mais le Monarque Anglois déja maître de la Basse Nor-mandie, & de quelques Places de la Haute, fit sierement cette ré-ponse au Légat : Ne voyez-vous pas que Dieu m'a amené ici comme parla main ? II n’y a plus de Roi en France , f ai des droits légitimes fur ceRoyaume , tout y ejl en confusion , on ne songe pas à s’y défendre contremoi: puìs-je avoir une marque plus sensible , que le Dieu qui dispose des.Couronnes , a résolu de me mettre celle de France sur la tête (a) ? En ef-fet il assiégea Rouen ; & cette Ville, après avoir soutenu un long sié-gé , pendant lequel les assiégez mangeaient les chevaux , les chiens , leschats ses rats sc rendit enfin par capitulation, faute des secours qu’onlui promettoit. On trouve dans l'Histoire de l’Université de Parisla réponse de cette Université,à plusieurs Lettres que ceux de Rouenlui avoient écrites pour solliciter du secours à la Cour. Elle étoitconçue en ces termes : „ Très-chers & grands Amis, Nous avons re-„ ceues plusieurs Lettres de par vous tendant à cette fin que Nous voul-„ fissions solliciter 8c exhorter le Roi 8c son Conseil, 8c M. de Bour-„ gogne de secourir à la bonne Ville de Rouen, à rencontre des enne-„ mis de ce Royaume. Sur quoi veuillez savoir que nous qui de tous„ nos cuers désirons le bien, salut 8c conservation de la Seigneurie du„ Roi nostre Souverain Seigneur 8c de ses Subjets. Et (avons assez que„ par le secours que l’on donroit à ladite Ville, pourrait estre recou-„ vré le Pais de Normandie 8c aussi par la laisser perdre,seroit la per-„ dítion de tout ledit Pays fans esperance de recouvrer, 8c mettre en„ péril tout le demouram du Royaume. Vos Lettres receues, nousj, avons par plusieurs fois proposé 8c exposé vostre fait Sc nécessité au
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