5 02 HISTOIRE DU CONCILE
résident dans leurs Eglises fans qu’ils en puiflent être dispensez sousquelque prétexte que ce soit, que quand les Rois 8c les Princes de-manderont conseil aux Evêques 6c aux autres Prélats, ils le donnentpar écrit ou par Députez, & que s’ils sont mandez en personne ilss’en retournent à leurs Eglises dés que leur présence ne íera plus né-cessaire dans les Cours, où ils auront été appeliez. Qu’ils visitentsoigneusement leurs Eglises, non pour en extorquer de Pargent, maispour en corriger les mœurs., 6c qu’ils ne tolèrent ni ne dissimulentpoint par un lâche 6c sordide intérêt les fautes de leurs Paroissiens (i),mais qu’ils exercent une severe Discipline contre les coupables. Ontrouve ici de fort bons conseils pour régler les mœurs des Ecclésias-tiques, 6c des Moines.. L’Auteur n’est point d’avis qu’on faste entreren Religion, ni hommes ni femmes qui n’ayent atteint, pour lemoins,l’âge de puberté. II veut qu’on donne de bons ordres pour em-pêcher le concubinage des Prêtres à qui il soutient qu’il vaudroitmieux permettre de se marier (z). II semble qu’il penche beaucoupdu côté de cette permission. II paroît fort opposé au salle 6c au luxedes Prélats, 6c il estime qu’ils feroient beaucoup mieux d’employerleurs revenus à entretenir des Ecclésiastiques habiles, qu’à avoir un sigrand train, 6c un si grand nombre de domestiques inutiles. II estscandalisé de la bigarrure 6c de la somptuosité des ajustemens 6c deséquipages des Cardinaux, des Evêques, 6c des Abbez, qui avec leurshabits chamarrez 6c brodez, 6c avec leurs chevaux caparaçonnez res-semblent plus à des gens de Guerre qu’à des gens d’Eglise. II presseensuite la nécessité de tenir fréquemment des Conciles Généraux ÔCProvinciaux. II prétend que le Pape n’est pas en droit de dispenserpersonne de l’obscrvation des Décréts d’un Concile Oecuménique, sice n’est dans les cas d’une grande nécessité, 6c du consentement desdeux tiers des Cardinaux. II veut que l’on punisse sévèrement les Pré-lats qui se dispenseront de venir eux-mêmes au Concile, à moinsqu’ils ne soient malades ou qu’ils n’alleguent de fortes raisons de leurabsence. A l’égard des Ambassadeurs des Rois 6c des Princes, il trou-ve qu’il est juste de les y admettre, s’ils le requièrent, mais fur toutceux de l’Empereur, qui même est obligé de s’y trouver en personne,lors qu’il le peut. On doit appeller aussi les plus célèbres Docteursen Théologie 8c en Droit. Le Chapitre XVI. est destiné à faire voirles abus des Exemptions accordées aux Eglises, aux Chapitres, auxMonastères, 6c aux Ordres Militaires, fur tout en France, où il ditque presque tous les Monastères 6c les Chapitres font exempts de laJuridiction de leurs Ordinaires. Cet Ecrit finit par quelques ré-flexions contre les Excommunications fréquentes pour des dettes, oupour des fautes legeres, fur tout par rapport à ce temps-là où les An-tipapes avoient presque excommunié toute la Chrétienté.. L’Auteur
appuyé
(l) Hadìe enìtn ta.Ua venalia funt, & pecuniis redimuntur. V. d. Hardt. X. 1. p.
(?■) Praftaret permittere conjugtut» Çkricis . Et de hoc etiam disfonetur. #