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Tome second.
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*- DEC CTN S T ANCE. Lïy: VII. ;6r

m fít sortir du sang. Si le crime n’est pas plus certain que.le mira- z<uh*r,Gm-cle, on pourroic avoir eu tort d’en faire mourir trente-huit comme ~cn J 'ts.on fít à Berlin dans cette occasion. Ce déchaînement général contre f r fjjj° Reî ’les Juifs a fait dire à JEneas Sylvius dans son Histoire de B oh eme , à ?-3J 'l’occafíon d’un massacre des Juifs arrivé à Prague dans le quatorzième je». Sylv.Siecle, qu'il n'y a rien de f lus déplorable que la condition des Juifs , par- H 'l i - B °hem.mi les Chrétiens. Dès qu'on les croit dans Vabondance , on ne Je conten -te pas de les piller , on leur ôte la vie fous prétexte qu'ils méprisent laReligion Chrétienne , (J qu'ils font des railleries de Jesus-Chrifi.

il auroit bien mieux valu en effet ne point souffrir les Juifs que deleur accorder une tolérance insidieuse, ou les occuper à cultiver laterre 6c à exercer des métiers , que de leur tendre des piégés enleur empruntant de l’argent, &-leur donnant des billets portant in-térêt, pour les poursuivre ensuite à cette occasion. C’étoit-là le sen-titpent de deux Docteurs célèbres en ce tcmps-là, Henri de HeJJè êçPierre d'Ailli , le premier dans íbn Conseil de Paix , le second dans sonTraité de la Réformationi ils s’expriment tous deux là-deflus d’unemaniéré si semblable qu’iî semble que Pierre d'Ailli ait copié Henride Hesse. Pourquoi , dit Henri de Hesse, ne donner pas charitablement fíajjiac. *}:de leurs biens aux Juifs convertis pour empêcher que la necefftê ne lesfasse apostafier , & accuser les Chrétiens de cruauté? Et pourquoi ne dé- 3 'fend-on pas aux Juifs de demeurer parmi les Chrétiens , fi ce n'eft pourgagner leur vie, soit en servant les Chrétiens , soit en cultivant la terre ,fiit en travaillant à des métiers , au lieu - d'exercer Vusure aux dépens deleur propre conscience , (J-à la ruine des Chrétiens. Pierre d’Ailli s’ex-prime pourtant là-dessus d’une maniéré plus nette, 6c plus équitable,car il veut absolument (i) qu’on laisse les Juifs convertis maîtres deleurs biens, au lieu que Henri de Hesse veut seulement qu’on leur enfasse part, 6c cela par un principe de charité.

Quoi qu’il en soit , le Règlement du Collège Réformatoire deConstance ne s’étend pas fort loin fur le sujet des Juifs. II porte seu-lement que lors qu’un Juif voudra se convertir il ne fera obligé derendre que la moitié de les biens tant meubles qu’immeubles en resti-tution des usures faites fur les Chrétiens, 6c que par aumône on luien laissera l’autre moitié pour son entretien 6c pour celui de fa famille.

Je mettrai ici le Decret en Latin, laisiànt au Leéìeur de faire telle Vejudait.réflexion qu’il lui plaira fur la Jurisprudence du Concile. Quïa^ut ex-pert itm est , quamplurìmì Judeei utriusque sexus hommes , per.úsuram ac-quìfita restituer c metuentes , ad Chrìftianismum suscipiendum aliàs satisinclinai 'i, feorfim abierunt ,in sua perfidia tanquam desperati rémanentes.

Idèo hac Synodus sacrosanSla decernit & or dînât quòd Judœus ad Fidem

Catho-

(iì Item ut Judiorum tonverforum bonct non râpìant, fed alvìtí neceffitatem cis pojp-4ere permutant, ne egeftate compuiji apostatent, ïx Christianos impietatis arguant, AìhïC,ap. Gers. T. II. p.915.

Tome II.

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