4 APOLOGIE DE L’HISTOIRE'
très-grande distance entre l’autorité d’un Juge Sc son infaillibilité. Ilseroit véritablement à souhaiter,que l’autòrité&rinsaillibilité fussenttoujours unies, parce qu’alors on pourroit se soumettre à l’autoritéen toute fureté de conscience. Mais d’autre part s’il falloit que l’in-faillibilité fût nécessairement attachée à l’autorité pour la rendre lé-gitimé, il n’y auroit point d’autorité légitimé fur la terre où il n’y arien d’infaillible, Sc il faudroit y vivre dans l’independance. Au restece ne sont point les Protestants qui ont séparé Infaillibilité Sc l’au-toritc des Conciles. Dès le temps du Concile de Constance, il y a-voit de célébrés Docteurs qui foûtenoient que les Conciles n’étoientmst.du conc.de point infaillibles, Sc qui ne donnoient cet attribut qu’à l’Eglife Uni-Conii.p. 4J. verselle , selon le témoignage de Pierre,Datlli, Cardinal de Cambrai , quiétoit à ce Concile. II ne s’agit point ici d’examiner ce que c’est queY Eglise Universelle , c’est une affaire à débattre entre ces Meilleurs}il s’agit seulement du fait,c’est qu’alors ceux qui ne convenoient pasde-infaillibilité des Conciles, n’étoient pas regardez comme desgens révoltez contre leur autorité. On peut voir les raisons pour &contre infaillibilité des Conciles dans le Traité que fît à peu prèsGtrsop.T.u. dans ce temps-là Jean de Courte - Cuisse Docteur de Paris Sc Evêque8^7.898. de Geneve, touchant la foi , VEglise, le Pontife Romain , & le ConcileGénéral, llparoît par cet Ecrit que la question étoit fort problémati-que , aussi bien que fort épineuse ; mais que cependant ceux- qui con-testoient infaillibilité des Conciles, ne laissoient pas de reconnoîtreleur autorité. L’Abbé de Palerme , par exemple , connu fous leJactb. Almmn nom Panormitain , qui fit l’Apologie du Concile de Bâle , re-Ap. Gers. t. u. connoissoit bien l’autorité des Conciles , mais il ne les croyoit nul-}■ 1003. lement infaillibles, puis qu’il a osé avancer , qu'm Laïque qui par-le selon la Parole de Dieu est plus croyable qu un Concile Général , quiparlerait contre la Parole de Dieu. II est donc clair que ce n’est pasêtre révolté Contre l'autorité des Conciles , que de ne pas convenir deleur infaillibilité. Et au fonds Messieurs de Trévoux auroient fortmauvaise grâce de rien reprocher là - dessus aux Protestants, puisquece font les Théologiens Ultramontains eux - mêmes , & les Jésuitesqui leur adhèrent qui ont ôté aux Conciles leur infaillibilité réelle ouprétendue pour en revêtir les Papes.
Pour revenir au sentiment des Protestants fur l’autorité des Conci-les, on n’a jamais pû remarquer en eux aucun esprit de révolté con-tre cette sorte d’autorité. Quand Léon X eut fulminé fa Bulle con-tre Luther, ce dernier n’eut point d’autre ressource que dans l’auto-rité d’un Concile Général. Les Protestants n’ayant pû avoir satisfac-tion au Concile de Trente y ils ne cessèrent de soupirer après unConcile libre. Il s’agit donc moins ici de l’autorité des Conciles quin’est contestée ni par les Protestants,, ni par l’Auteur de P PI foire duConcile de Constance , que de la qualité des Conciles d’où depend en-tierement leur autorité. Comme l’autorité des Conciles est une auto-rité