102 Memoires pour ſervir
garde point la Conference;& ſi je me ſuis ècartde mon ſujet pour parler du voyage du Marechalde Grammont, ce n'a gte qu' en conſideration dela ſingularité,& dans la vüs de faire plaifir au
Lecteur; mais je me garderai d'une. plus longue
digreſſion.
Le vingt- quattièẽme de Septembre qui fut lelendemain de la vingtieme Conference, DomLouis de Haro ehvoya pour préſent au Cardinal
dazarin vingt chevaux d'EIpagne, douze deſel le& huit de Carroſſe. Entre ces vingt chevauxyen axoit huit de deux mille ecus la piece,&
ghuit auttes qui en valoient chacun plus de mille.
Le Cardinal qui de ſon cõte s'etoit pre parc pourune pareille civilitée, lui envoya deux jours aprésquantité de galanteries magnifiques, dont la va-leur n'etojt pas moindre que celle des chevauxd Elpague de Dom Louis. Il yavoit des montresgar nies de diamans, des épées d'or, des mitoirs;des tableaux e maillez, des heures, des chapeletsde pierres fines, des chapeaux de Caſtor, des basd' Angletetre, enfin de tout ce qu'on n'a pointen Efpagne,& de tout ce qu'on) eſtime.
Des ce tems Ia, la Paix etoit comme concluꝶ,& il ne teſtoit plus à diſcuter que certains articlesſur jeſquels lun& Lautre Miniſtte ſavoient bienque on ne romproit pas. En effet, depuis ce jourJa, il ne ſe paſſa plus entreux que cinq Confe-tences, dont la quatrieme fut uniquement em-ployce à relite le Traitè de Paix& le Conttat de
Matiage,& à les ſigner,& la cinquiemèe à pren-dre conge un de Fautre.
Le Tfaité de Paix fut ſignẽ le premier en dou-ble par chaque Miniſtre, ſans qu'il lortit de ſa place,L'echange en etant faite par les Sieurs de Lionne& Coloma,& ce fut en particulier; mais quandce vint au Contrat de Matiage ils firent Outitles portes afin que toute la Nobleſle d'un& dau-te