4 VHiſtoire de la Paix. 145
leſt certain qu'à conſiderer les choſes de pri-
me face, on a de la peine a s empécher d'accuſerle Conſeil d' Efpagne d'avoir pechè contre la po-Itique, pour fſatisfaire à la paſſion mal fondeequ'il avolt conguè contre le Puc;& ſi l'on eſtaſſez modere pour ſuſpendre ſon jugement à cetSgard, on ne ſauroit qu moins ſe dilpenſer de ſeretrancher ſur les raiſons ſecrettes qui ſont ſou-vent des cauſes tres ſolides de ce qui nous ſur-Frend le plus; mais quand on y fait un peu dereſlèxion on decouvre aiſement le fond& le ſe-ſecret de ces raiſons miſterieuſes.A la verité le Duc de Lorraine avoit beaueoupmetiteé par le paſſe,& pouvoit ëtre fort utile 4aveuir; mais rien n'empęchoit qu'il ne pùt auſſidevenir contraire,& qu'il ne s'atachãt au ſervicede la Maiſon de France, pat ja meme raiſon quiLavoit attache à celle d Autriche, ce que l'oncroyoiĩt prèvoir& craindre par des motifs ſuffi-ſans. Ce n'eſt pas qu'avec tout cela on n'eüt etcbien aiſe, comme je penſe, de le retablir, maisTeonjoncture netoit pas aſſez favorable pourtant de choſes. Il faloit ſe determiner ou en fa-veur du Duc, ou en faveut du Prince,& danscette neceſſitè de choiſir, on ctoyoit dævoir pan-cher vers le dernier plütöt que vers autre. Jenai deja dit quelques raiſons auſquelles on peutajouter celles ci. Qde la grandeur de IEſpagneParoifloit beaucoup davantage en faiſant retablirun Sujet rebelle dans les mémes honneurs&ayantages qu'il poſſedoit aupres de ſon Souverainavant ſa rebeſlion,& cela pour recompenſe de ſaPropre rebellion; qu'en retabliſſant dans ſes E-tats an Prince Souverain qui autoit toſijours crũavoir la premiere& la plus grande obligation deſon retabliſſement à la Ari uela Mazeſté Catholique Et 5& d'intéeret à ne
Pas abandonn