Band 
Tome I.
Seite
238
JPEG-Download
 

238 Memoires pour ſervir

qu on vit de jour à Uimpunitè. Telle toit la diſ-

poſition generale des choſes& des eſprits, lots

que deux ou trois Frangois de la ſuite del'Ambal-

ſadeur prirent querelle dans les tuts avec une Bli-gade de Corſes( Soldats deſtinez pour Ia Garde deFome& pour affürer les executions de Juſtice.Ils n'eutent en cette rencontre aucun reſpect poutles Loix Militaites qui veulent que les particulierscedent en toutes choſes aux Corps de Troupes quiſont en fonction,& qui ont des Officiers à leuttéte. Ils mirent hardiment epce à la main,&comme il eſt expreſſément de fendu à toutes cesſories de Brigades à Rome de tuer, il ne leur futPas diffcile de ſe tirer de leur combat avec ayau-tage. 1Oependant tout le Corps des Corſes prit part aLaffront que venoient de recevoir quelques unsde leurs Membres; comme il avoit ẽte fait à uneGarde en fonclion,& non pas à des particuliersdu Corps, ils ſe crurent deshonorez, s'ils paſ-ſoient cela lans en prendre vengeance. Quelques-uns diſent que ce furent les Pareus du Pape quileur mitent le cœur au ventre par le moyen dequelques uns des Officiers, auſquels ils ptomi-rent leur protection,& que ſans cela, jamais lesCorſes n'auroient oſcł ſe porter aux extremitezod ils ſe porterent. Quoi qu'il en ſoit, ils cou-rurent aux armes tumdltueuſement& mirenttoute la Ville de Rome en combuſtion. Le droitdes gens& le teſpect inviolable que l on doit auxAmbaſſadeurs ne fut point capable de les retenitni de moderer l'aveugle fureur dont ils ctoientpoſſedez. Ils marcherent en Bataille vers le Pa-lais du Duc de Orequi tam bour battant, Enſei-gnes deployees ſous la conduite de leurs Ofhciers,& s emparerent de toutes les avenuès qui y con-duiſdient, comme s ils avoient eu le deſſein deLeſſieger dans les formes. Ils firent plus, ils char-gereut