DE Des CARTES. l8-
qu’ii en devoit compte au Dieu quila lui donnoit. Il se dévoua donc («);
(n) 11 est très-sûr que Descartes prévit toutes lespersécutions qui Tattendoìent. 11 avoit souvent ré-solu de ne rien faire imprimer , 6c il ne céda jamaisqu’aux plus pressantes sollicitations de ses amis. Sou-vent il regretta son loisir qui lui échappoit pour unvain phantôme de gloire. Newton, après lui, eut Ismême sentiment j &. au milieu des querelles philoso-phiques , il se reprocha plus d’une fois d’avoir perduson repos. Ainsi, les hommes qui ont le plus éclairéle genre humain , ont été forcés à s’en repentir. Aureste, Descartes ne fut jamais plus Philosophe , quelorsque ses ennemis l’étoient le moins. II n’avoitpoint ce fanatisme ardent qui annonce avec hauteurdes vérités nouvelles comme nouvelles > & qui veutparoître le précepteur du genre humain. L’enthou-siasme peut embraser quelques têtes ; mais il avertitles hommes froids de se tenir sur leur garde. Des-cartes crut donc q u'il valoit mieux miner insensible-ment les barrières , que de les renverser avec éclat#II voulut cacher la vérité, comme on cache Terreur.II tâcha de persuader que ses principes étoient lesmêmes que ceux d’Aristote. Sans cesse il recomman-doit la modération à ses disciples. Mais il s'en falIoî fbien que ses disciples fussent aussi Philosophes quelui. Ils étoient trop sensibles à la gloire de ne paspenser comme le reste des hommes. La persécutionles animoit encore, & ajoutoit à l’enthousiasme. Des-cartes eût consenti à être ignoré, pour être utile :mais ses disciples jouissoient avec orgueil des lumières