192 Éloge
pas inutile à l'histoire de Tesprit hu-main & des passions , de peindre
ses méditations. En 1643, Voëtius eut recours à destroupes auxiliaires. II alla les chercher dans l’Univer-sité de Groningiu, où un nommé Schoochius s’associaà ses fureurs. C’étoit un de ces méchants subalternesqui n'ont pas même l’audace du crime, & qui, troplâches pour l’attaquer par eux-mêmes > sont assezvils pour nuire sous les ordres d’un autre. II débutapar un gros Livre contre Descartes , dont le butétoit de prouver que la nouvelle Philosophie menoitdroit au Scepticisme , à r Athéisme & à la Phrénésie .Descartes crut enfin qu’il étoit temps de répondre.II avoit déja écrit une petite lettre sur Voëtius : &ceîni-ci n’avoit pas manqué de la faire condamner,comme injurieuse & attentatoire à la Religion réfor-mée , dans la personne d’urì de ses principaux Pas-teurs. Dans sa réponse contre le nouveau Livre, Des"cartes se proposoit trois choses; d’abord, de se jus-tifier lui-même , car jusqu’àlors il n’avoit rien ré-pondu à plus de douze Libelles; ensuite , de justifie 1,ses amis 8t ses disciples ; enfin, de démasquer unhomme aussi odieux que Voëtius qui, par une igno-rance hardie, & sous le masque de la Religion , $é-duisoit la populace, ôt aveugloit les Magistrats. Mai sles esprits étoient trop échauffés ; il ne réussit point*Sentence contre Descartes, où ses lettres surVoètius®sont déclarées Libelles diffamatoires. Ce fut alors queles Magistrats travaillèrent à lui faire son procès se-crètement, & sans qu’il en fut averti. Leur inten-tion étoit de le condamner comme Athée & comme
toutes