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Tome premier.
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EN ABYSSINIE,marche, en madjoignant deux ambassadeurs : il dé-signa pour cette mission lalaka Ouelda Kidane et lechalaJka Thaïm. Il me proposa aussi demmener mondrogman, le jeune Gabrioud, celui que javais amenédu Caire . Ce garçon, dune rare intelligence, avaitcapté à un tel point la confiance et laffection dOubié,quau retour de notre voyage, il nétait emploi ni di-gnité si haute dans son pays auquel il ne pût prétendre.Jaccédai très-volontiers au désir dOubié ; car outre,comme il lentendait, que ma mission en devenaitpour ainsi dire plus officielle, jéprouvais un certainplaisir à montrer à nos Abyssins les merveilles de lacivilisation française, certain dailleurs que, sils re-venaient dans leur pays, leurs récits seraient pourleurs compatriotes un plus fort stimulant que toutesles tentatives directes damélioration quon pourraitfaire.

Cependant, comme dun autre côté je ne voulais pasaugmenter les difficultés, dans un voyage qui en pré-sentait déjà assez, je résolus de borner le person-nel de ma mission; car je prévoyais bien que je seraisaccablé de sollicitations. Cela ne manqua point. Aus-sitôt que je fus de retour à Adoua, et que le bruit demon prochain départ se fut répandu, je vis venir à moiquantité de gens qui tous avaient dexcellentes raisonsde voyager, et tenaient à me prouver que jen devaisavoir daussi bonnes pour les prendre. Je tins ferme,néanmoins. Un entre autres, un nommé Adgo, y mitune persistance bien remarquable. Il avait voyagé surun bâtiment de lIle-de-France , et parlait un peu de