EN ABYSSINIE.
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barque. Celle-ci jaugeait cent cinquante tonneaux ;elle avait une vaste dunette où je pus mettre en sûretémes collections. Le 24 janvier, vers les six heures dumatin, nous déployâmes notre immense voile latine,et commençâmes à louvoyer entre les récifs. Nouscourûmes toute cette journée avec un vent d’ouest, etvînmes jeter l’ancre, le soir, dans la baie d’Oubhoor.Les jours suivants se modelèrent exactement surcelui-ci, nous offrant rarement un vent favorable,et nous obligeant toujours à louvoyer jusqu’au cou-cher du soleil, moment où nous amarrions dans unecrique entre les récifs. Le 2 février, nous jetâmesl’ancre devant Yembo, où nous restâmes deux ou troisjours pour donner au patron de notre barque le tempsde terminer quelques affaires. Je ne dirai rien ici dece port, dont j’aurai plus tard l’occasion do parler entraitant du commerce de la mer Rouge .
Nous longeâmes encore, pendant quelques jours, lacôte d’Arabie pour traverser le golfe en face de Cos-séir, où nous arrivâmes le 17. Un assez bon nombre debarques étaient au mouillage, j’appris que, la veille,M. Combes était parti sur un bâtiment de guerre dupacha pour se rendre à Moka. Je descendis très-ma-lade de cette abominable navigation de la mer Rouge ;et le désert qui sépare Cosséir de Kéné fut peu propreà me rendre la santé. A Kéné, nous louâmes unebarque qui, pour 1 000 piastres, devait nous conduirejusqu’à Latfé, à l’embranchement du canal Mamou-dié, et je voulus m’embarquer sur-le-champ pour nepas allonger notre voyage, bien que j’eusse à peine la