28 VOYAGE
sistai, et l’on me donna un Taltal pour me mener le
lendemain aussi loin que je pourrais.
Le 7 juin, dès le lever du soleil, je me mis en marcheavec mon guide, et je descendis la vallée de Ficho. Amesure que nous avancions, elle s’élargissait, et jetrouvai en plusieurs endroits des bancs d’alluvion, surlesquels croissent des mimoses, et divers arbustes dontles chameaux mangent les feuilles. Une heure et demieaprès avoir quitté Ficho, nous arrivâmes en un point ounotre route coupait celle de Dessa : les deux font à peuprès un angle droit. Là, les montagnes s’évasent et for-ment une espèce de bassin. On descend encore pendantune heure, puis la pente devient moins rapide, lesbancs d’alluvion ont plus d’étendue, les eaux se répan-dent en divers sens, et la végétation est beaucoup plusvivace. La vallée allait toujours en s’élargissant, et surla gauche du ruisseau régnait un riche terroir, d’unmille environ de largeur sur deux de longueur, oùs’élevaient de beaux sycomores et plusieurs autresespèces d’arbres de grande dimension, inconnus enEurope . Ces bois étaient extrêmement touffus; il mefallut mettre pied à terre pour y pénétrer. Après dixminutes de marche dans ces espèces de buissons,nous nous trouvâmes au milieu de plantations de co-tonniers abandonnées, non loin desquelles on voyaitquelques arbres fruitiers, et derrière eux une petiteéglise d’architecture grecque, bâtie par des Éthio-piens, ce que l’on reconnaissait bien vite au ciment,qui se composait simplement d'argile délayée avec dela paille hachée au lieu de chaux ; aussi cet édifice