EN ABYSSINIE.
53
larges espaces que, de prime abord, on aurait dit rui-nés par le t'eu; mais, en les examinant de plus près,on reconnaissait les dégâts causés par les sauterelles,cette seconde plaie de l’Abyssinie, après la guerre.Des milliers de ces insectes, nouvellement éclos, jon-chaient la terre.
Ce district de Béezet est enceint, d’un côté par lachaîne d’Amba Saneyti, de l’autre, par celle d’Aga-iné : les deux se relient par les montagnes d’Alekoua.Le lendemain, nous contournâmes ces dernières, pourarriver sur le plateau après une montée de deux heures. Anos pieds se déroulait un immense précipice, dans le-quel glissaient plusieurs filets d’eau, qui vont plus loins’agglomérer et se réunir à divers ruisseaux de l’Hara-mat, pour former la rivière Oueri. Nous descendîmesle versant opposé, et remontâmes sur un autre plateau,nommé Ennamatso. L’armée y campa au milieu dechamps d’orge et de lentilles, et la cavalerie y fiL paîtreses chevaux, pour punir les habitants de ne pas vou-loir fournir des vivres.
Le district d’Ennamatso, tout entouré de précipices,n’a jamais pu être entièrement soumis. Ouhié, voyantquelle peine il aurait à le réduire, s’était contenté d’untribut volontaire, et, faute de pouvoir y commanderen maître, s’y était au moins ménagé les communica-tions.
D Ennamatso nous descendîmes dans une vallée dudistrict d’Agoddi qui fut livrée au pillage : tout lemonde y courut, voire même les femmes. Deux outrois heures après, on voyait revenir au camp une