EN ABYSSINIE.
mée pour arriver plus vite chez mes amis. Je fisma première étape jusqu'à Aouza, et ma deuxièmejusqu'au village d’Aréna, au bord du plateau de Koui-haine Tchéleukot. De là je traversai la vallée de Faleg-darô, les districts d’Egréomber, Chepti, Makélié El-kèle, et j’arrivai à Tchéleukot, où je reçus l’hospita-lité chez Ato Nagaro, un ami de M. Petit.
Mon hôte, au temps du ras Ouelda Sallassé, avaitcompté parmi les plus puissants seigneurs du Tigré . 11me dit avoir connu à cette époque le voyageur an glais Sait, et depuis lors, il avait toujours professépour les Européens la plus grande admiration. Ce sen-timent était poussé chez lui jusqu’au point de lui fairedésirer que son pays tombât au pouvoir d’un roi Franc,qui y ramènerait l’ordre et la prospérité, chose qu’iln’était pas permis d’espérer, disait-il, des princes éthio-piens. Cette manière de voir trouvait du reste son ex-plication dans les mauvais traitements qu’Ato Nagaroavait eu à subir des gouverneurs tigréens, depuis lamort du ras Ouelda Sellassé; tous l’avaient dépouillé,même Aréa, son parent, dont il aurait plutôt dû atten-dre aide et protection.
Quelques travaux me retenaient encore dans les en-virons de Tchéleukot; mais, impatient autant que mesamis de nous voir réunis, je me hâtai de leur envoyer undomestique avec une lettre, pour les engager à venirme trouver.
Dans la soirée, pendant que je causais avec Ato Na-garo, je reçus la visite d’un Arménien, nommé Nazaret.C’était un ouvrier venu en Abyssinie pour y faire for-