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VOYAGE
(repris sur l’Enderta. M. Petit nie quitta le lendemainpour me précéder dans le Ouodgérate.
Toutes mes affaires étaient terminées, et je me dis-posais à partir, lorsque je reçus inopinément la visitede l’alaka Ouelda Ividane, qui arrivait d’Adoua avec unde mes anciens domestiques. Ayant appris que je merendais dans le Choa , il venait me supplier de l’emme-ner avec moi : quelques-uns de ses parents y étaient,disait-il, en faveur auprès du roi. Cet homme avait eneffet de sérieux motifs pour s’exiler; il devait redouterla colère d’Oubié, qu'il avait trahi à la journée de DébraTabor, en passant au parti de Marso. Fait prisonnierdans la dernière bataille livrée par Oubié à son frère,il avait été d'abord emprisonné, puis gracié et ren-voyé. Il était venu à Adoua pour solliciter de l’emploichez Aréa; mais celui-ci lui avait déclaré qu’il nevoulait pas de traître dans son armée.
J’hésitai moi-même à admettre en ma compagnieun homme d’un aussi vilain caractère; mais il y mit tantd’insistance, il me répéta tant que ses dispositions àl’égard des Européens étaient totalement changées de-puis son retour, qu’à la fin je me laissai fléchir, sauf àlui faire un compte général de ses méfaits à la premièreoccasion où il laisserait percer son mauvais naturel.Je me réconciliai donc avec lui, et comme il était sansvêtement et sans argent pour s’en procurer, je lui fisprésent d’un des miens. Je n’étais pas fâché d’ailleursd’étudier de plus près un pareil caractère, et connuej’allais me trouver en pays aussi étranger pour lui quepour moi, je pensai qu’il me serait toujours facile