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Tome deuxième.
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VOYAGE

(repris sur lEnderta. M. Petit nie quitta le lendemainpour me précéder dans le Ouodgérate.

Toutes mes affaires étaient terminées, et je me dis-posais à partir, lorsque je reçus inopinément la visitede lalaka Ouelda Ividane, qui arrivait dAdoua avec unde mes anciens domestiques. Ayant appris que je merendais dans le Choa , il venait me supplier de lemme-ner avec moi : quelques-uns de ses parents y étaient,disait-il, en faveur auprès du roi. Cet homme avait eneffet de sérieux motifs pour sexiler; il devait redouterla colère dOubié, qu'il avait trahi à la journée de DébraTabor, en passant au parti de Marso. Fait prisonnierdans la dernière bataille livrée par Oubié à son frère,il avait été d'abord emprisonné, puis gracié et ren-voyé. Il était venu à Adoua pour solliciter de lemploichez Aréa; mais celui-ci lui avait déclaré quil nevoulait pas de traître dans son armée.

Jhésitai moi-même à admettre en ma compagnieun homme dun aussi vilain caractère; mais il y mit tantdinsistance, il me répéta tant que ses dispositions àlégard des Européens étaient totalement changées de-puis son retour, quà la fin je me laissai fléchir, sauf àlui faire un compte général de ses méfaits à la premièreoccasion il laisserait percer son mauvais naturel.Je me réconciliai donc avec lui, et comme il était sansvêtement et sans argent pour sen procurer, je lui fisprésent dun des miens. Je nétais pas fâché dailleursdétudier de plus près un pareil caractère, et connuejallais me trouver en pays aussi étranger pour lui quepour moi, je pensai quil me serait toujours facile