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VOYAGE
sait que la nécessité faisait une loi de la soumission,et que lutter contre un ennemi aussi fort, ne serviraitqu’à plonger le pays dans la misère et la désolation.Homme son frère, après avoir été relâché de sa capti-vité, paraissait disposé à associer sa fortune à celle deIîalgada, elle venait de lui envoyer un exprès pour l’endissuader; elle lui donnait le conseil de rester plutôtneutre pour épargner sa province , sauf plus tard àsaisir l’occasion de recommencer les hostilités.
Nous passâmes quelques heures à causer avec AhhaIlaïlé. Il nous fit visiter sa forteresse, qui devait êtrepour des Abyssins un lieu vraiment inexpugnable.Avant d'arriver à la première rampe, il fallait gravirà grand’peine une pente tout à découvert, ou quelquespierres roulées du haut en bas, auraient suffi pourfaire reculer une armée entière. Arrivé là, on se trou-vait devant une muraille à pic, impossible à franchir,si ce n’est par un côté où la roche formait un sentierétroit : les abords en étaient défendus par un retran-chement toujours gardé. C’est là qu’on plaçait les sol-dats les moins sûrs, avec quelques hommes de confiancequi veillaient à la poterne. Cette première rampe étaitsurmontée d’une deuxième qui faisait tout le tour dupic, et qui était défendue par des meurtrières. Plushaut encore on arrivait à une série de cavernes basal-tiques dont quelques-unes recélaient de l’eau : ellesformaient les magasins et les logements des domes-tiques de confiance. Supérieurement enfin , on gagnaitle sommet, une espèce de plateau uni dont la roche, deproduction volcanique, s’était décomposée et laissait