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Tome deuxième.
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VOYAGE

cès, car, sauf Abba Haïlé et Ato Breulé , aucun nyavait répondu. Au contraire, en obéissance aux injonc-tions de l'armée tigréenne , partout on trouvait lesmaisons désertes ; les troupeaux avaient été conduits endes lieux sûrs; les laboureurs apportaient leurs grainsdans les villes-asiles. Tchéleukot, à ce titre, en rece-vait une grande part, et nous fûmes à même, par laf-fluence extraordinaire que nous rencontrâmes danscette ville, de bien juger de limpression générale pro-duite par la modération dOubié, opposée à la rapacitéet à la turbulence des chefs tigréens.

On vint nous dire que le gouverneur du Sloa,à la tête dun parti dAinaréens , avait fait invasiondans le district de Dessa, pour y poursuivre le dedjazDemtou et Balgada Aréa. Cétait une entreprisedangereuse, et qui ne pouvait provenir que dune haineirréfléchie; car, pour quelques milliers de vaches, toutau plus, que lui vaudrait son expédition, Ato Remasexposait terriblement dans ce pays de Dessa, si favo-rable aux embuscades, surtout avec des tirailleurscomme ceux de Balgada Aréa. Peu de jours après,nous apprîmes que ce dernier, rencontrant deux des Fit-aorari dOubié, Ouelda Mikaël et Enguéda, leur avaittué trente hommes et les avait mis en fuite. Furieux decette mésaventure, Oubié ût fustiger les généraux vain-eus. Ouelda Mikaël en garda six mois le lit; Enguédanévita un sort tout pareil quen faisant au fouetteur uncadeau considérable. Certes ces deux hommes ne pu-rent sempêcher den garder un profond ressentiment;mais ils nen continuèrent pas moins de servir leur