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VOYAGE
cès, car, sauf Abba Haïlé et Ato Breulé , aucun n’yavait répondu. Au contraire, en obéissance aux injonc-tions de l'armée tigréenne , partout on trouvait lesmaisons désertes ; les troupeaux avaient été conduits endes lieux sûrs; les laboureurs apportaient leurs grainsdans les villes-asiles. Tchéleukot, à ce titre, en rece-vait une grande part, et nous fûmes à même, par l’af-fluence extraordinaire que nous rencontrâmes danscette ville, de bien juger de l’impression générale pro-duite par la modération d’Oubié, opposée à la rapacitéet à la turbulence des chefs tigréens.
On vint nous dire que le gouverneur du Sloa,à la tête d’un parti d’Ainaréens , avait fait invasiondans le district de Dessa, pour y poursuivre le dedjazDemtou et Balgada Aréa. C’était là une entreprisedangereuse, et qui ne pouvait provenir que d’une haineirréfléchie; car, pour quelques milliers de vaches, toutau plus, que lui vaudrait son expédition, Ato Remas’exposait terriblement dans ce pays de Dessa, si favo-rable aux embuscades, surtout avec des tirailleurscomme ceux de Balgada Aréa. Peu de jours après,nous apprîmes que ce dernier, rencontrant deux des Fit-aorari d’Oubié, Ouelda Mikaël et Enguéda, leur avaittué trente hommes et les avait mis en fuite. Furieux decette mésaventure, Oubié ût fustiger les généraux vain-eus. Ouelda Mikaël en garda six mois le lit; Enguédan’évita un sort tout pareil qu’en faisant au fouetteur uncadeau considérable. Certes ces deux hommes ne pu-rent s’empêcher d’en garder un profond ressentiment;mais ils n’en continuèrent pas moins de servir leur