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VOYAGE
garo me dit que ces gens étaient des soldats d’AtoAgaze, et qu’ils nous auraient fait encore un plusmauvais parti qu’Ato Enguéda et Ato Guebrioud, s’ilseussent vu la chance aussi belle que ces derniers. Audelà de la rivière Bouillé, nous rencontrâmes encorequelques autres partis de cavaliers, et comme nousétions toujours sur nos gardes, ils passèrent outre aprèsles saluts d’usage. Mous couchâmes à Beit Mariam, vil-lage dont j’ai déjà parlé lors de mon premier voyage àSessate.
Le lendemain j’arrivai à l’Amba Aladgié , où jecomptais avoir, par AbbaHaïlé, des nouvelles du doc-teur Petit. Je gravis cette montagne en suivant les millesinuosités d’un ruisseau qui descend du sommet. J’at-tendis une heure à la première porte de la forteresse ,pendant que l’on prévenait Ahha Haïlé; mais cetteporte franchie, toutes les autres me furent inconti-nent ouvertes. Je trouvai le seigneur de l’endroit assissur un alga, auprès de sa femme ; ils se levèrentà mon entrée, et m’engagèrent à prendre place àcôté d’eux. Ils ne souffrirent pas que je parlasseavant d’avoir mangé; mais ils profitèrent de ce mo-ment pour m’apprendre que M. Petit était toujoursdans l’Achangui, d’où il ne pouvait partir sans uneescorte que le dedjaz Farès lui faisait attendre. LeLasta était alors dans un grand désordre. Abba Haïléregardait comme très-dangereux le voyage que nousallions entreprendre, et m’en détourna vivement. 11me dit à cette occasion qu’il ne comprenait pas mesgoûts errants et ma vie nomade; je lui repartis que je