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Tome deuxième.
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VOYAGE

aussi à louest vers la province de Bora. Les villages ensont toujours placés sur des rocs escarpés, pour êtremieux en garde contre les surprises des Gallas. Cettevallée peut avoir un mille de largeur. Ma route, sur lachaîne qui en forme le côté méridional, suivait unravin qui sépare la haute montagne de Debar de celledAïba . Au fond mugit un torrent toujours plein, hivercomme été : il reçoit leau dune belle cascade quitombe de lun des gradins supérieurs de la montagnede Débar, dune hauteur denviron 60 mètres. A droiteet à gauche, des pentes assez douces pour permettre lelabour, étaient parfaitement cultivées : mais ce climatfroid produit à peu près uniquement lorge et quelqueslégumineuses. A cet endroit la chaîne forme un petitplateau couvert de prairies; à lest se dessinent lescrêtes de la montagne dAïba ; à louest celles de lamontagne de Débar : celles-ci ont quelques talus étroits sont bâtis des villages, tantôt sur la partie plane ,tantôt dans le roc, qui est un grès facile à percer.

En marchant toujours au sud, je descendis dans uneplaine dont le niveau est plus élevé que celui des valléesprécédentes ; aussi il y pleut presque continuellement,comme cela arrive sur les hautes terres dAbyssinie,surtout dans la partie méridionale. Le plateau que jevenais de quitter formait ici un fer à cheval qui sélar-gissait à louest, et conduisait ses eaux vers la provincedu Lasta. Au sortir de la plaine, jentrai dans une pro-vince musulmane, celle que lon appelle Dôba : lescartes anglaises en désignent la population sous lenom de nègres Dôba, je ne sais à quel titre, car