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VOYAGE
aussi à l’ouest vers la province de Bora. Les villages ensont toujours placés sur des rocs escarpés, pour êtremieux en garde contre les surprises des Gallas. Cettevallée peut avoir un mille de largeur. Ma route, sur lachaîne qui en forme le côté méridional, suivait unravin qui sépare la haute montagne de Debar de celled’Aïba . Au fond mugit un torrent toujours plein, hivercomme été : il reçoit l’eau d’une belle cascade quitombe de l’un des gradins supérieurs de la montagnede Débar, d’une hauteur d’environ 60 mètres. A droiteet à gauche, des pentes assez douces pour permettre lelabour, étaient parfaitement cultivées : mais ce climatfroid produit à peu près uniquement l’orge et quelqueslégumineuses. A cet endroit la chaîne forme un petitplateau couvert de prairies; à l’est se dessinent lescrêtes de la montagne d’Aïba ; à l’ouest celles de lamontagne de Débar : celles-ci ont quelques talus étroitsoù sont bâtis des villages, tantôt sur la partie plane ,tantôt dans le roc, qui est un grès facile à percer.
En marchant toujours au sud, je descendis dans uneplaine dont le niveau est plus élevé que celui des valléesprécédentes ; aussi il y pleut presque continuellement,comme cela arrive sur les hautes terres d’Abyssinie,surtout dans la partie méridionale. Le plateau que jevenais de quitter formait ici un fer à cheval qui s’élar-gissait à l’ouest, et conduisait ses eaux vers la provincedu Lasta. Au sortir de la plaine, j’entrai dans une pro-vince musulmane, celle que l’on appelle Dôba : lescartes anglaises en désignent la population sous lenom de nègres Dôba, je ne sais à quel titre, car