EN ABYSSINIE.
145
galla et celle des Yedjous. A l’ouest se trouvait unescarpement qu’on nomme Enade, au bas duquel estla ville du même nom. Nous en passâmes très-près sansque la douane cherchât à nous inquiéter. A partir deTseraGuedel, la végétation renaissait; déjà nous voyionsdes champs d’orge; mais elle était loin d’être à matu-rité, car sur cette terre il faut neuf mois, quelquefoisdix, avant de pouvoir la récolter. A Motchette, le soleilavait recouvré toute sa chaleur, la moisson y étaitavancée de trois mois sur celle de TseraGuedel, quoi-que ces deux endroits fussent très-rapprochés l’un del’autre. A droite de Motchette est un ravin dont lescôtés sont disposés en escaliers, sur la gauche la rampese termine tout à coup par une muraille verticale quiva à l’est chez les Gallas, au sud chez les Yedjous. Aulieu de suivre le ravin, nous prîmes, à l’extrémité duplateau , un chemin tracé avec beaucoup d’entente quipermettait de descendre malgré l’effrayante déclivitéde la montagne.
Nous apercevions devant nous la vallée yedjou pro-fondément encaissée entre la haute chaîne du Ouadelafaisant suite à celle du Lasta, et un rameau détaché dela pointe d’Angote, mais beaucoup plus bas que le Oua-dela. Cette vallée yedjou n’est pas d’une largeur uni-forme; souvent elle paraît fermée par des arêtes quipartent de l’escarpement du Ouadela ; en d’autres en-droits elle s’élargit par des rentrées de la chaîne quiforment des bassins arrondis. Partout elle est très-fer-tile, et l’on n’y voit aucun terrain dépouillé de végé-tation, même sur les pentes les plus escarpées.
il. 10