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Tome deuxième.
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VOYAGE

Cependant il vint le lendemain matin nous prévenirquil ne pouvait laisser passer aucun étranger à la fron-tière sans un ordre du roi; mais que, si nous voulionsrédiger une demande, il la ferait partir le jour mêmepour Angolola, résidence de Sa Majesté. Nous nous hâ-tâmes dobéir à cette formalité, et le clioum désigna unhomme de corvée pour la porter jusquà la frontièredu district, un autre courrier devait la prendre, etainsi, de district en district, jusquà Angolola. Ces hom-mes de poste, voyageant pour le service du roi, nontdautre solde que la satisfaction dêtre agréables à SaMajesté, ce qui, le plus souvent, est une solde né-gative , à en juger par la triste mine que nous fit leporteur de notre lettre. Nous lûmes dans ses yeux ledésir de nous être nuisible; cest pourquoi nous fîmesétalage devant lui de nos sacs à collections, et de toutce qui pouvait nous donner lapparence de gens riches ;prévoyant bien quil ne manquerait pas den répandrela nouvelle, qui, en passant par les pays intermédiaires,arriverait encore grossie aux oreilles de la cour. Nousnen aurions que plus de chances dadmission; SaheléSallassé ne nous en accueillerait que mieux, ne fût-ceque dans la charitable intention dalléger nos bagages,et de nous congédier aussitôt après, comme il lavaitfait des Anglais . Nous ne risquions quune seule choseà ce jeu; cétait de nous attirer lanimadversion dupeuple, si tant est quil y ait un peuple dans le Choa.

Mais nous courions aussi le risque que les choums dedistricts ninterceptassent notre missive, trouvant plusavantageux de nous dévaliser de leurs propres mains;