EN ABYSSINIE.
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Enfin je le vis revenir, poussant devant lui le fugitifqu’il maintenait en respect. Tous deux n’en pouvaientplus; mais cette course n’avait pas été inutile, et ilsrevenaient, pleins de joie, m’annoncer la découvertequ’ils avaient faite d’un troupeau de chameaux et dequelques tentes. «Nous allons trouver de l’eau, me ditle guide, et certainement aussi, des chameaux qui noustransporteront ce soir à Djeddah , si vous avez survous quelque argent pour les payer.» Il m’offrit alorsson bras pour m’aider à marcher jusqu’à ce que nousfussions en vue du village. Arrivés là, nous ne tar-dâmes pas à conclure l’affaire au gré de nos espé-rances, ce qui coûta toutefois à notre guide un gravemensonge, qu’il me fit payer cinq piastres : il avait jurépar Mahomet que j’étais un pèlerin se rendant à laMecque , et non un infidèle, comme paraissaient le croireles Arabes qui, dans ce cas, m’eussent certainementrefusé leurs chameaux.
Quand nous fûmes montés sur nos bêtes, nouseûmes quelques instants de satisfaction en pensantque nous étions désormais assurés d’atteindre le port;mais à mesure que nous étions rassurés de la craintede passer la nuit dans le désert, les inconvénients denotre nouvelle position sur ces chameaux sans sellese faisaient sentir : tous nos membres furent bientôtdisloqués, notre corps ne forma bientôt qu’une plaie.Que de regrets alors donnés à cette barque, objetde ma malédiction tout un mois durant.
11 était nuit lorsque nous arrivâmes auprès des mursde la ville; les portes étant fermées , nous dûmes cou-