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Tome premier.
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toujours à un bon ordre de choses P Depuis laformation des empires, sans les conquérants quiont tout détruit, où en serions-nous avec toutesces bigarrures d’institutions P Nous aurions donchérité de toutes les erreurs accumulées depuisl'origine du genre humain. Elles nous gouverne-roient encore ; et, devenues la propriété du plusfort ou du plus fripon , ce seroit un terribleremède que la conquête pour nous en débarraser.C’est cependant l’unique moyen , si la voix dessages se mêle à l’intérêt des puissances , pour lesériger en propriétés légitimes. Et quelles pro-priétés que celles d’un petit nombre, nuisiblesà tous, à ceux même qui les possèdent, etqu’elles corrompent par l’orgueil et la vanité ?En effet , si l’homme n’est heureux que par desvertus et par des lumières qui en assurent leprincipe, quelles vertus et quels talents attendred’un ordre d’hommes qui jouissent de tout etpeuvent prétendre à tout dans la société par leseul privilège de leur naissance P Le travail de lasociété ne se fera que pour eux; toutes les placeslucratives et honorables leur seront dévolues ; lesouverain ne gouvernera que par eux , et netirera des subsides de ses sujets que pour eux.N’est-ce pas là bouleverser toutes les idées du bonsens et de la justice ? C’est cet ordre abominablequi fausse tant de bons esprits, et dénature parminous tous les principes de morale publique etparticulière.

L’esprit de corps nous envahit de toutes part».