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production, légère au premier coup-d’oeil, une pro=-fonde connoissance des sciences abstraites, du coeurhumain , de la société et de ses convenances, quià cette époque exigeoient, pour ainsi dire , uneétude à part.
Dans les Considérations sur les Romains , sesregards s étendent sur toute l’espèce humainedistribuée en associations politiques i il examinecomment ces grands corps se forment, s’élèventet se détruisent. Il choisit le plus célèbre , lesRomains. C’est un abrégé philosophique de leurhistoire , capable de suppléer à ce qui nous manquede Tacite, ou à ce qui manque dans Tacite.
h ri fin, dans Y Esprit des lois , il trace la partiela plus importante de l’histoire de l’homme , l’his-toire de la législation , qui est la science de sonbonheur ; science à laquelle toutes les autres noussemblent subordonnées. Ainsi il mit involontaire-ment dans ses études le même ordre qui sembleavoir été établi dans l’homme, modifié par la na-ture , la société et les lois.
L’esprit humain se traînoit depuis vingt sièclessur les pas d’Aristote et de ses nombreux compi-lateurs : Bodin en France , Grotius en Hollande ,Puffendorff en Allemagne, Hobbes en Angleterre,Machiavel et Gravina en Italie, avoient substituédes erreurs nouvelles à d’anciens préjugés; Lockeseul avoit porté sur quelques points du droit na-turel et politique cet esprit de justesse et d'analysequi le caractérisoit. Montesquieu s’ouvre une nou-velle carrière ; son but n’est pas de tracer le pGn