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du meilleur gouvernement ni le meilleur systèmede législation , mais de présenter ce qui est, ce quifut , et non ce qui auroit dû être. Il interrogel’histoire, les voyageurs, les nations, la nature; ilcompare les temps et les hommes, les passions etles erreurs, les climats et les terrains, les moeurs etles institutions, les choses et les principes ; il cherchela vérité au travers des secousses du globe, parmile s décombres des lois anciennes, sur les ruines desempires, et dans ce chaos effrayant honoré du nomde j urisprudence. Qui peut contempler sans admi-ration cet édifice maiestueux , élevé par un seulhomme en l’honneur de la société humaine ? Lesdons de la nature et les supplémens de l’industrie,les besoins de l’homme et ses ressources, ses droitset ses devoirs, le principe des lois et les ressortsdes gouvernemens, les limites des pouvoirs et lesmoyens de les balancer, enfin un traité completde la police générale des peuples, et une théoriesolide du droit public ; tel fut le tableau immensequ’il anima du coloris immortel du génie et dusentiment.
A Montesquieu seul appartient la gloire d’avoirprésenté ce faisceau lumineux des rapports im-muables sur lesquels repose l’ordre social , d’avoirsenti que l’histoire morale et politique doit êtreappuyée sur l’histoire naturelle, et enfin d’avoirouvert le dix-huitième siècle.
Ce siècle à jamais célèbre des arts et des talens,éclos des guerres civiles comme un beau jourd’éte naît du sein des orages, étoit disparu avec