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Tome premier.
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expérience, que les fruits de cet ouvrage ne sebornent pas dans ses lecteurs à des sentimentsstériles. Quoique M. de Montesquieu ait peu sur-vécu à la publication de l’Esprit des lois, il a eula satisfaction d’entrevoir les effets qu’il commenceà produire parmi nous ; l’amour naturel desFrançais pour leur patrie tourné vers son véritableobjet ; ce goût pour le commerce, pour l’agricul-ture et pour les arts utiles , qui se répand insen-siblement dans notre nation ; cette lumière géné-rale sur les principes du gouvernement 31 qui rend 'les peuples plus attachés à ce qu’ils doivent aimer.Ceux qui ont si indécemment attaqué cet ouvrage,lui doivent peut-être plu6 qu’ils ne s’imaginent. L’in-gratitude au reste est le moindre reproche qu’onait à leur faire. Ce n’est pas sans regret et sanshonte pour notre siècle que nous allons les dé-voiler : mais cette histoire importe trop à la gloirede M. de Montesquieu et à l’avantage de la phi-losophie, pour être passée sous silence. Puisse l’op-probre qui couvre enfin ses ennemis , leur devenirsalutaire.

A peine l’Esprit des lois parut-il , qu’il futrecherché avec empressement sur la réputation del’auteur : mais, quoique M. de Montesquieu eûtécrit pour le bien du peuple , il ne devoit pasavoir le peuple pour juge ; la profondeur del’objet 32 étoit une suite de son importance même.Cependant les traits qui étoient répandus dansl’ouvrage, et qui auroient été déplacés s’ils n’étoientpas nés du fond du sujet, persuadèrent à trop de