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Tome premier.
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V J

de plaisanterie qui y régnent, doit être regardécomme un modèle en ce genre. M. de Montes-quieu , chargé par son adversaire d’imputationsatroces, pouvoit le rendre odieux sans peine : ilfit mieux , il le rendit ridicule. S’il faut tenircompte à l’agresseur d’un bien qu’il a fait sansle vouloir, nous lui devons une éternelle recon-noissance de nous avoir procuré ce chef-d’oeuvre.Mais ce qui ajoute encore au mérite de ce mor-ceau précieux , c’est que l'auteur s’y est peintlui-même sans y penser ; ceux qui l’ont connucroient l’entendre ; et la postérité s’assurera, enlisant sa Défense , que sa conversation n’étoit pasinférieure à ses écrits ; éloge que bien peu degrands hommes ont mérité.

Une autre circonstance lui assure pleinementl’avantage dans cette dispute. Le critique , qui,pour preuve de son attachement à la religion,en déchire les ministres , accusoit hautement leclergé de France , et sur-tout la faculté de théo-logie , d'indifférence pour la cause de Dieu, ence qu’ils ne proscrivoient pas authentiquement unsi pernicieux ouvrage. La faculté étoit en droitde mépriser le reproche d’un écrivain sans aveu :mais il s’agissoit de la religion ; une délicatesselouable lui a fait prendre le parti d’examiner l'Es-prit des lois. Quoiqu’elle s’en occupe depuis plu-sieurs années , elle n’a rien prononcé jusqu’ici ;et, fùt-il échappé à M. de Montesquieu quelquesinadvertences légères , presque inévitables dansune carrière si vaste , l’attention longue et