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Tome premier.
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avec le crime , mais encore les plus douces qu’ilest possible, sur-tout dans la démocratie : l’opi-nion attachée aux peines fera souvent plus d’effetque leur grandeur même. Dans les républiques,il faut juger selon la loi, parce qu’aucun particu-lier n’est le maître de l’altérer. Dans les monar-chies, la clémence du souverain peut quelquefoisl’adoucir ; mais les crimes ne doivent jamais yêtre jugés que par les magistrats expressémentchargés d’en connoître. Enfin, c’est principale-ment dans les démocraties que les lois doiventêtre sévères contre le luxe , le relâchement desmoeurs , et la séduction des femmes. Leur dou-ceur et leur foi blesse même les rendent assezpropres à gouverner dans les monarchies ; etl’histoire prouve que souvent elles ont porté lacouronne avec gloire.

M. de Montesquieu , ayant ainsi parcouruchaque gouvernement en particulier, les examineensuite dans le rapport qu’ils peuvent avoir lesuns aux autres, mais seulement sous le point devue le plus général , c’est-à-dire sous celui quiest uniquement relatif à leur nature et à leurprincipe. Envisagés de cette manière , les états nepeuvent avoir d’autres rapports que celui de sedéfendre ou d’attaquer. Les républiques devant,par leur nature , renfermer un petit état , ellesne peuvent se défendre sans alliance ; mais c’estavec des républiques qu’elles doivent s’allier. Laforce défensive de la monarchie consiste principa-lement à avoir des frontières hors d’insulte. Les