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de ces peuples demandent des lois plus faciles ; lecaractère dur des Lacédémoniens des lois plus sé-vères. Les lois sont un mauvais moyen pourchanger les manières et les usages ; c’est par lesrécompenses et l’exemple qu’il faut tâcher d’yparvenir. Il est pourtant vrai, en même temps,que les lois d’un peuple, quand on n’affecte pasd’y choquer grossièrement et directement sesmoeurs, doivent influer insensiblement sur elles,soit pour les affermir, soit pour les changer.
Après avoir approfondi de cette manière lanature et l’esprit des lois par rapport aux diffé-rentes espèces de pays et de peuples, l’auteur re-vient de nouveau à considérer les états les uns parrapport aux autres. D’abord, en les comparantentre eux d’une manière générale, il n’avoit pules envisager que par rapport au mal qu’ils peu-vent se faire : ici il les envisage par rapport auxsecours mutuels qu’ils peuvent se donner ; or cessecours sont principalement fondés sur le com-merce. Si l’esprit de commerce produit naturelle-ment un esprit d'intérêt opposé à la sublimité desvertus morales, il rend aussi un peuple naturel-lement juste, et en éloigne l’oisiveté et le brigan-dage. Les nations libres qui vivent sous des gou-vernements modérés doivent s’y livrer plus queles nations esclaves. Jamais une nation ne doitexclure de son commerce une autre nation sansde grandes raisons. Au reste , la liberté en cegenre n’est pas une faculté absolue accordée auxnégociants de faire ce qu’ils veulent ; faculté qui