( S3 )
matière. Ce qui favorise le plus la propagation estla continence publique ; l’expérience prouve queles conjonctions illicites y contribuent peu , etmême y nuisent. On a établi avec justice pourles mariages le consentement des pères : cepen-dant on y doit mettre des restrictions ; car la loidoit en général favoriser les mariages. I,a loi qui.défend le mariage des mères avec les fils est (in-dépendamment des préceptes de la religion ) unetrès-bonne loi civile ; car, sans parler de plusieursautres raisons , les contractants étant d’âge très-diflérent, ces sortes de mariages peuvent rarementavoir la propagation pour objet. La loi qui dé-fend le mariage du père avec la fille est fondéesur les mêmes motifs: cependant (à ne parlerque civilement ) elle n’est pas si indispensablementnécessaire que l’autre à l'objet de la population,puisque la vertu d’engendrer finit beaucoup plustard dans les hommes : aussi l'usage contraire a-t-ileu lieu chez certains peuples que la lumière duchristianisme n’a point éclairés. Comme la natureporte d’elle-même au mariage , c’est un mauvaisgouvernement que celui où on aura besoin d’yencourager. La liberté , la sûreté, la modérationdes impôts, la proscription du luxe , sont lesvrais principes et les vrais soutiens de la popula-tion : cependant on peut avec succès faire des loispour encourager les mariages, quand, malgré lacorruption , il reste encore des ressorts dans lepeuple qui l’attachent à sa patrie. Rien n’est plusbeau que les lois d’Auguste pour favoriser la