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Tome premier.
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386
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386 de i/esprit des lois,

législative a , et où ils furent soumis à la puissancelégislative d’un autre corps de l’état: ce fut undélire de la liberté. Le peuple, pour établir ladémocratie, choqua les principes mêmes de ladémocratie. Il sembloit qu’une puissance aussiexorbitante auroitdû anéantir l’autorité du sénat:mais Rome avoit des institutions admirables. Elleen avoit deux sur-tout: par l’une, la puissancelégislative du peuple étoit réglée ; par l’autre, elleétoit bornée.

Les censeurs, et avant eux les consuls b , for-moient et créoient, pour ainsi dire, tous les cinqans le corps du peuple ; ils exerçoient la législa-tion sur le corps même qui avoit la puissance lé-gislative. „ Tibérius Gracchus, censeur, dit Ci-„ céron , transféra les affranchis dans les tribus de„ la ville, non par la force de son éloquence,„ mais par une parole et par un geste ; et, s’il,. ne l’eût pas fait, cette république, qu’aujourd’hui,, nous soutenons à peine, nous ne l’aurions plus. ”

D'un autre côté le sénat avoit le pouvoir d’ôter,pour ainsi dire, la république des mains du peuplepar la création d'un dictateur, devant lequel le

a Par ta toi faite après l’expulsion des décemvirs, les patri-ciens furent soumis aux plébiscites , quoiqu’ils n'eussent pu ydonner leur voix. Tite-Live, livre III, et Denys d’Halicarnasse,livre XI, page 725. Et cette loi fut confirmée par celle de PubliusPhilo, dictateur, l’an de Rome 416. Tite-Live, liv. VIII.

b L’an 31: de Rome, les consuls faisoient encore le cens,çe.mme il patoit par Denys d’Halicarnasse, liv. XI.